Le silence de l’aube

Par Mark Mc Closkey.

Il existe un moment magnifique, un moment tranquille, quand la nature nous ouvre ses bras généreux et nous offre un enseignement si complet, si puissant, si unique que nous ne devons pas chercher ailleurs pour comprendre le sens du silence et de l’immobilité. Vous voyez, l’univers, le monde naturel qui nous entoure est le gourou lui-même, silencieux, et tout ce que nous devons faire est de lui ouvrir notre conscience. Il est toujours disponible, à la fois comme un rappel et une aide pour nous qui sommes pris dans nos modes de pensée, nos cogitations sur ce que nous avons fait ou pas fait correctement hier, notre imagination, les désirs des choses et des expériences que nous voulons aujourd’hui, nos anticipations et les rêves de meilleures choses demain. L’univers ne se souvient pas, n’anticipe pas, ne prévoit pas, n’imagine pas, ne rêve pas. La nature est, tout simplement, et un ensemble de «chose» émanent du doux et pur silence lui-même et finalement y retournent. Le processus se poursuit à l’infini.

Si vous essayez ce simple exercice, il pourrait vous aider à enfin comprendre la liberté que vous êtes réellement et que vous avez toujours été. Essayez de vous réveiller plus tôt que d’habitude pendant quelques jours. Je sais que c’est difficile, mais croyez-moi : cela en vaut la peine. Vous pouvez vérifier quand se produit le lever du soleil dans votre partie du monde et essayer d’être dehors lors de ce merveilleux évènement. Maintenant, asseyez-vous juste quelque part et regardez ce spectacle se dérouler. Notez le silence de la terre : le sol, l’herbe, les arbres pouvant se balancer doucement dans la brise fraîche, le ciel qui commence à perdre son obscurité alors que les rayons du soleil commencent à diffuser, comment l’obscurité grise sans forme commence à briller avec des couleurs et des formes. Il y a là un grand silence, vous invitant ainsi que tout le reste à être présent en lui. Il est à la fois invitant et envoûtant. Essayez simplement d’être conscient, de remarquer, de regarder, d’entendre et d’être. Les oiseaux chantent, les vents font bruisser les feuilles des arbres, peut-être que certains animaux sont debout, tout près, étant eux-mêmes, s’éveillant à la journée. Tout se passe dans le calme, non, tout émane du calme. C’est une renaissance qui s’est produite pendant des éons.

Maintenant, il suffit de suivre ce calme autour de vous, soyez très attentifs à chaque son, chaque couleur, chaque sensation, chaque odeur. Tout cela est-il en dehors de vous ? Tout cela est-il séparé de vous ? Tout cela est-il différent de vous ? Où est vraiment ce silence ? Ne vient-il pas de vous, de l’intérieur du noyau de qui vous êtes ? Me suivez-vous bien jusqu’ici ? Y a-t-il une différence entre vos perceptions sensorielles de l’immobilité de la matinée et la perception de l’immobilité au sein de votre propre cœur ? Regardez, voire même sentez, où elles fusionnent. Elles fusionnent en Vous.

Mes très chers amis, vous êtes tout ce que vous voyez, entendez, sentez et percevez. Il n’y a absolument aucune limite entre vous et Cela. Vous êtes Cela ! Et le doux fond toujours présent de conscience silencieuse se cherchant et se trouvant lui-même est à la fois la manifestation de Cela et la réflexion de Cela. Et il n’y a rien d’autre: rien. Que vous ayez évolué vers un animal pensant, mémorisant, rêvant, espérant et articulant, ne porte pas atteinte à l’identité que vous partagez avec l’univers tout entier. Vous êtes ce moment, ce matin, cette aube, ce soleil rayonnant tout autour. Vous êtes ces couleurs rayonnantes, ces images, ces oiseaux, ces animaux et ces arbres. Vous êtes ce ciel, ce vent, ce réveil frais, ce monde en évolution. Peut-être qu’il est temps de dire simplement «oui». Une fois pour toute, abandonnez la recherche, la quête, la clandestinité, les jeux, le scénario, l’espérance même d’encore un moment. Avec toutes les fibres de votre être : dites «oui» tout de suite. Et en disant «oui», vous dites «oui» à la liberté que vous avez toujours été : la douceur tranquille, toujours vivante en vous, à partir de laquelle l’univers tout entier se déploie. Bienvenue à votre Soi; bienvenue au Pur Silence du Maintenant.

Bonjour,

Mark Mc Closkey – Traduit par Christine sur Du Tout et du Rien – Source originale (en anglais).

Photos en illustration avec l’aimable autorisation de Michel Corboz.

Source : http://www.urantia-gaia.info (en cas de copie, merci de respecter l’intégralité du texte et de citer la source)

A propos Le Passeur

Nomade sur le chemin...
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33 Responses to Le silence de l’aube

  1. pierrot dit :

    Du silence émerge une profondeur qui est bien au delà des mots.

    • acacia dit :

      Je n’avais pas lu ce texte, – merci Pierrot pour ton intervention de ce jour -,et j’y trouve ces deux phrases qui me sont un allegreto de confiance et de foi :
      « L’univers ne se souvient pas, n’anticipe pas, ne prévoit pas, n’imagine pas, ne rêve pas ».
      « Que vous ayez évolué vers un animal pensant, mémorisant, rêvant, espérant et articulant, ne porte pas atteinte à l’identité que vous partagez avec l’univers tout entier ».
      Oui, mon identité est intacte, même si elle échappe encore en partie à l’être dont je vis actuellement l’expérience. L’univers ne se souvient pas, et moi non plus. Il n’anticipe pas, et moi non plus. Il ne prévoit pas et ne rêve pas… et j’apprends à faire comme lui.
      La fusion pourrait-elle être la chose la plus simple du monde : vivre « en accord » avec ce qui est ?

    • Thau dit :

      Curieux titre car la nature n’est jamais silencieuse…et en particulier à l’aube…et ce en toute saison.

      • Marie-Anne dit :

        Oui, Son et Silence ont chacun leur Noblesse, leurs Qualités, leur Beauté , leur Moment et leur Lieu.

        ( Evidemment, il y a « son » et « son »: difficile d’entrer en connexion avec son Être profond dans une boîte de nuit où hurlent les décibels; par contre, l’écoute des sons « organiques » et sereins de la nature nous met au diapason avec elle, avec ses rythmes plus en harmonie avec une Terre paisible, et peut nous aider à nous recentrer.
        Le bruit peut aussi être mental et émotionnel: et ce bruit là, également, nous maintient loin ce notre Centre.).

  2. Soleil Bleu dit :

    Je travaille dans une zone urbaine dite « sensible », et ce soir, en sortant du boulot, j’ai pourtant été aussi gâtée que d’autres qui habitent la campagne car nous avons partagé le même ciel. Un ciel d’une beauté qui se voulait généreuse pour tous ceux qui prendraient la peine de l’admirer.

    Quant à mon voisin d’appartement, le son de son home cinéma me fait ressentir dans la poitrine, des vibrations de rap avec lesquelles je ne rentre pas vraiment en résonnance.
    Mais il est sympa, il a entendu lorsque je lui ai dit en me marrant qu’il était ch…t à polluer mon environnement sonore. Il a baissé le son, je ne ressens plus que les vibrations des basses. C’est encore un peu fatigant, mais plus aussi nuisible. En tout cas, ça reste assez supportable pour que je choisisse de m’en incomoder ou de lâcher-prise pour me lover dans mon silence intérieur. Et ça marche !

    Tout ça, juste pour témoigner qu’il y a toujours un espace dispo pour choisir d’être bien ou mal. Qu’il y a une véritable paix qui apparaît à l’instant où l’on décide de ne pas entrer en lutte avec son environnement. (qui n’est au final qu’une lutte avec son propre désir puisque lorsqu’on le lâche, les frustrations qui l’accompagnent partent avec lui, et le problème que cela créait itou)
    Apprendre à cultiver la sérénité où que l’on soit et quoi que l’on vive, est une source de liberté inaltérable qui permêt d’appercevoir de la beauté là où le mental nous souffle rejet, rebellion et conflit.

    J’ai juste le désir que Tout soit parfait, alors je ressens que Tout est parfait !

    IN LAKE’CH les lucioles

    ps : Comme d’hab, ce texte Passeur, est aussi bon à savourer qu’un feu de cheminée en automne, à l’aube d’un W.end qui se promêt paisible. Merci

  3. alain thomas dit :

    Dans l’alchimie des regards, de ceux qui se tournent à l’extérieur et de ceux qui se tournent à l’intérieur. Dans ce mariage entre les deux, la nature est propice tel le guru exactement mais à quel effet ?
    Trouver en soi la paix dans l’immobilité et le silence. Dans le juste équilibre de l’attention, de la vigilance et dans la spaciosité de l’esprit, dans son élasticité. Dans l’ouverture du coeur où l’amour et la lumière diffusent une telle énergie que tout se vide autour de soi, tout perd de sa subtantialité et pourtant la nature est là, bien là, splendide, compagne et mère de notre vie.
    Il n’y a pas de lieu où la nature n’est pas. Elle est partout, en plein coeur de nos cinq sens, même si parfois, lorsqu’on la regarde à l’extérieur de nous-mêmes, elle nous attache à sa beauté.

  4. muriel dit :

    Bonjour,

    J’aime beaucoup ce texte parce qu’il est rayonnant de simplicité et d’authenticité, cette authenticité révélée par la nature elle-même.
    La nature Est. Elle ne se pose aucune question et ne cherche rien. Elle nous offre juste sa présence.
    Nous seuls nous posons des questions et entrons dans une démarche qui parfois nous fait penser que nous seul existons. Il peut y avoir du bruit, certes, beaucoup de bruit mais qui nous empêche de nous retirer pour nous rendre dans le silence de la nature, et le notre par la même occasion ? Personne. Qui nous empêche de regarder le merle sur sa branche ? Personne (merci Salvia , j’aime ce que vous décrivez… Un seul oiseau… et nous voilà dans le partage). Qui nous empêche de contempler à travers la fenêtre l’arbre au fond de la cour ? Ou encore le rayon de soleil qui vient éclairer le balcon ? Personne.
    Il y a toujours un coin de nature, partout… un oiseau, un bout de ciel, un enfant qui joue, un sourire, un chat qui fait sa toilette, un papillon qui vole… un rayon de soleil ou de lune qui se matérialise ici et maintenant par-delà nos pensées et nos contrariétés.
    Il nous suffit d’ouvrir les yeux ou les oreilles ou encore de regarder avec le cœur afin d’entrer pleinement dans l’instant. Où que l’on soit, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il y ait du bruit ou de la grisaille, la nature est là, avec nous, en nous jusque dans la moindre de nos cellules. Elle est là et nous apaise, nous ressource… Elle est en nous parce que nous sommes en elle…
    Il peut arriver que l’on soit fatigué, stressé pour quantité de raisons qui pour la plupart n’en sont pas. Néanmoins ces moments-là, si l’on s’ouvre, nous permettent aussi de comprendre et d’apprécier ce coin de nature, cette source de verdure, c’est selon et qui nous dit « bonjour, comment vas-tu ? » À nous de lui répondre, « je vais bien grâce à toi… Merci ! »
    C’est un libre échange vécu dans l’instant, plein et sans attente… à renouveler autant que faire se peut car plus on parle à la nature et plus elle nous parle… même quand il pleut.
    Le silence de l’aube… ou son cœur lié au notre… une joie toujours nouvelle, où que l’on soit.

    Merci à vous Le Passeur pour ce très beau texte.

    • elba dit :

      Les textes que vous mettez en ligne, Passeur, sont riches d’enseignement et souvent très bien écrits. Mais il y a aussi des commentaires, comme celui-ci (de Muriel) (et bien d’autres aussi) qui valent vraiment la peine d’être lus.
      Merci à toi, Muriel, pour ce partage ! 🙂 Merci à vous tous ! ♥

      • muriel dit :

        Merci à toi Elba,
        Je crois comme l’auteur de ce texte « Le silence de l’aube » mais aussi tel qu’Alain le précise dans son commentaire, que le regard que l’on porte sur la nature vient avant tout de l’intérieur.
        Je rajouterai que vue de l’extérieur, la nature qui est en nous, et partout, nous le rappelle continuellement.
        Quand nous sommes en communion avec elle, nos pensées s’envolent comme par magie parce que le regard que l’on porte sur elle, quand il est simple et profond, nous renvoie à nous-mêmes, sans barrières, sans limites. On se fond en elle parce qu’elle se fond en nous.
        La nature ainsi peut nous apprendre à évoluer vers l’intérieur, à nous oublier, ou tout au moins à laisser de côté notre mental même si les instants paraissent fugaces. Et si l’on s’accorde du temps pour nous tourner vers elle, autant que possible, sans forcer… naturellement, l’intérieur prend une toute autre dimension.
        Il arrive alors un moment où nous comprenons que tout vient de soi et que nous ne sommes plus séparé, de rien ni de personne.
        Quand nous contemplons les étoiles dans un ciel bleu-nuit, ou encore si nous admirons le lever du soleil, nous sommes plein de chaque seconde qui s’écoule. Nous sommes plein de la lumière de l’instant, intemporel, dans sa vastitude et sa profondeur.
        Si nous regardons les quelques canetons qui glissent devant nous sur un lac, ils suivent leur mère les uns derrière les autres, paisibles, en silence, tout comme le soleil, qui au loin, au très loin dans son calme et son mystère, frôle l’horizon pour se lever doucement, laissant ainsi la lumière naitre et grandir dans son halo d’énergie.
        Et tout se passe à l’intérieur, en soi, même si le regard est porté vers l’extérieur, car à l’intérieur nous prenons conscience de l’authenticité de la vie, du calme ou du silence et de la presque immobilité, du peu en fait dont on a besoin pour aimer la vie dans sa simplicité et sa légèreté d’être.
        L’intérieur grandit, s’élargit pour prendre toute la place et nous permettre de comprendre que nous avons tout en nous, que nous sommes tous en communion avec la nature, et que par son biais nous sommes aussi un seul et même être, où que l’on soit.
        La nature vue de l’extérieur est selon moi tel un fil d’Ariane, autrement dit un lien authentique et puissant qui favorise la connexion avec soi. Elle peut être d’une « aide » précieuse pour qui souhaite rentrer en son for intérieur puisqu’elle est en nous, qu’elle et nous c’est la même chose… au même titre que les étoiles ou le brin d’herbe ou encore la pierre que l’on ramasse parce que sa forme ou son contact entre en résonance avec un aspect de nous-mêmes.

        • alain thomas dit :

          Pour toi ma chère Muriel qui aime tant la nature et qui sait si bien décrire ton ressenti devant sa grâce, voici ce petit poème écrit à la suite d’une promenade en solitaire.

          La Rencontre

          Ce matin-là, tôt levé
          J’allai me promener
          Sur mon chemin de terre
          Bordé par le sous-bois,
          Quand soudain devant moi
          Juste avant une clairière
          J’aperçus le petit pont
          Sous lequel bruissait l’eau
          De petites truites en suspension
          Frétillaient dans le cours d’eau.

          J’arrêtai là ma promenade
          Emerveillé dans ma ballade
          L’esprit ouvert aux sens
          Happé en pleine conscience.
          En un instant non séparé
          La vérité du mode non né
          Mêlée à la magie des formes
          Fit naître une sensation hors normes.

          Je m’agenouillai alors
          Dans la fraîcheur du bois
          Rompu dans l’unique saveur
          Du renoncement au moi.
          Ce moment fut si doux
          Qu’il me mit en émoi
          Le temps de la Joie
          A vous rendre jaloux.

          Tous les sens en éveil
          Je perdis le contrôle
          De mon esprit rebelle
          Reprenant tous ses rôles.
          L’eau, la terre, le sous-bois
          Les bruissements
          Emanés par les vents
          La présence du moi,
          Je me relevai au mode irréel
          Reprenant mon chemin de plus bel.

        • marie christine dit :

          La nature nous aime et frissonne à notre contact si on l’aime … Toute la matière est vivante et sensitive …

  5. Doud dit :

    Un Très beau texte.

    Cet été j’ai profité de presque tous les soirs et dé-fois le matin pour voir ce merveilleux Soleil
    donnant toutes ces couleurs harmonieuses aux arbres et au ciel sans compter les étoiles brillantes des scènes magnifiques.
    Il m’arrivait aussi d’accompagner les couchés de soleil avec du jazz.
    Merci la Nature pour ce temps passé avec Toi.
    Que l’amour soit dans nos Coeur.

  6. angie dit :

    j’ai vécu trois ans dans une petite ville, où du matin au soir, passent motos et autres deux roues à toute blinde, où d’autres avec la sono à fond faisaientt trembler les murs de mon appart de façon insoutenable….J’ai dans un premier temps rejeté avec violence ce que je vivais, ne le supportant plus et puis peu à peu, bien difficilement à force de méditations, j’ai accepté que tout est parfait et que si j’habite là, il y a bien une raison, un apport peut être, ou une leçon à prendre….Je me suis employée à transformer au mieux, en décorant l’intérieur et à l’aide de plantes sur la terrasse faisant venir lézards, oiseaux etc…
    Demain, je laisse cette endroit sans regret certes, pour une maison entourée de verdure dans un quartier calme et sans vis à vis…Je remercie ….

  7. marie christine dit :

    Je me demande souvent comment elle fait, la nature, pour rester si sereine dans ce monde de pollution et de stress .
    On pourrait me répondre : « Sois comme elle, et tu comprendras !  »
    C’est bien à quoi monsieur Mc Closkey nous invite … l’harmonie … la paix … la joie d’être …
    J’ai vu des arbres magnifiques tout près de lignes à haute tension, des fleurs extraordinaires à Tchernobyl …
    Ne dit-on pas qu’une rose peut pousser sur un tas de fumier ?
    On trouve Dieu là où on le cherche aussi bien que là où on ne l’attend pas, puisqu’il est partout !

  8. Quintus dit :

    Oui passeur, c’est tellement vrai ce que vous dites. C’est incontestable. Cette maudite séparation des choses.
    Le pire c’est que je sais cela et pourtant vous voyez bien je continu de séparer.
    Votre remarque est la bienvenue.
    Merci.

  9. Lilas dit :

    La réalité, c’est là où je pose mon regard …
    Partout, je peux trouver une trace merveilleuse, même au milieu du chaos !

  10. elba dit :

    Merci, Passeur. Etre spectateur du moment où le jour va se lever, est effectivement un moment magique. Surtout si le ciel est clair et que l’on peut contempler les étoiles en même temps…
    Je ne vis pas en pleine campagne, mais dans une toute petite ville, et j’ai profité sur le seuil de ma porte de cet instant, juste à ce moment de l’aube : il n’y pas un bruit, pas un souffle (souvent, le vent n’est même pas là pour faire bouger les feuilles des arbres). Les oiseaux ne chantent pas encore. C’est le silence total, en effet… Puis, en l’espace d’une demi-heure à peine, c’est l’aurore et tout reprend du mouvement : un oiseau commence à chanter puis un autre, le vent commence à faire frissonner les feuilles, le ciel change de couleur petit à petit… Et le silence est rompu, hélas, par les premières voitures des gens qui partent au travail.

    🙂

  11. Quintus dit :

    C’est le principe du Zen.
    cependant ,allez dire cela aux gens qui vivent dans des barres d’immeubles de banlieues explosives de Vaux en Velin , du Mirail, de la Courneuve et autre.. ou seulement des Favellas de rio ou de Calcutta.

    Nous n’avons pas tous la chance et le privilège de vivre comme moi sur une propriété de 7 hectares aux pieds des Pyrénées Ariégeoises en pleine nature avec les écureuils et les chevreuils, les milans et les martins pécheurs, de voir à son réveil le Mont Vallier enneigé et de commencer sa journée par une promenade avec ses chiens autour d’un magnifique lac bordé d’une sombre forêt haute en énergie vibratoire.
    Comment voulez vous sentir la nature dans le bruit et la fureur en milieu urbain.Croyez vous que ce soit le souci premier de ce qui se lèvent dans une barre d’immeuble et ouvrent leur volets sur une autre barre d’immeuble. Comment voulez vous écouter le chant de la vie ou d’une mésange le cri d’un busard, quand vous avez des voiture qui brulent devant chez vous ou que des « jeunes » se heurtent aux forces de l’ordre?
    Je sais de quoi je parle, j’ai habité les banlieues.
    Très bel article, mais fait pour des privilégiés. Désolé de casser cette magie. La réalité des uns n’est celle des autres.

    • Le Passeur dit :

      Je n’ai pas toujours non plus vécu dans la nature et j’ai connu aussi ces lieux dont vous parlez dans le cadre de mon travail de l’époque. Même là, la voie du silence est possible, d’abord parce qu’elle est intérieure, ensuite parce que même si le beau ne saute pas aux yeux dans ces décors inhumains, il surgit toujours là où le regard sait se poser autrement. Et j’ai connu des êtres vivant dans ces lieux qui portaient en eux cette magie et qui la rayonnaient simplement. Ne séparez pas les choses, tout est présent en toute chose, ce sont juste nos filtres personnels qui nous voilent cette vérité. Le soleil se lève toujours pour chacun.

    • Salvia dit :

      J’ai également connu la vie dans une grande ville et tout le stress qui s’en suit. Ce qui me frappait c’était entre autre que les gens ne prêtent que rarement attention à ce qui se trouve au-dessus de leur tête. Je me souviens d’avoir quitté mon travail, fatiguée, sans entrain pour rien, et voilà qu’un merle se met à chanter sur un arbre dans une cour. Je n’ai plus perçu le bruit de la circulation, pas la puanteur si particulière des villes, il n’y avait que le chant de ce merle, et j’en ai eu les yeux humides de bonheur. Dix ans après ce souvenir avec tous les détails, soleil du soir, pont enjambant un fleuve, l’arbre, la cour et le merle, tout est présent dans ma mémoire. En observant les gens, je ne voyais que regards fermés, nervosité de la démarche, aucune attention à ce qui se passait ailleurs que dans leur tête. Et voilà qu’une personne s’arrête à côté de moi et me dit: « cet oiseau chante vraiment merveilleusement! ». Instant de bonheur partagé…

    • Nada dit :

      Je suis d’accord avec toi, Quintus.
      Les beaux lieux, c’est-à-dire préservés des pollutions, ne sont pas à la portée de tous.
      Soit l’habitant a des revenus conséquents pour en jouir, soit c’est une question de patrimoine familial. Car, en France, par exemple, c’est la « colonisation » des millionnaires de plusieurs pays, qui continuent d’augmenter le prix au m2, des quartiers ou des sites protégés des méfaits du monde moderne.
      Demeurer zen quand les voisins mettent de la techno-métal à fond la caisse est impossible, pour un hypersensible aux énergies invisibles.
      Je pense que le pire sont les sons de très bas astral, qui violent l’espace privé, et mettent à rude épreuve les cellules de la biologie.
      Etre une rose sur un tas de fumier est encore une utopie.
      Quand ce G20 à Cannes, avec le buzz de la Grèce, initiera les faillites financières de l’Europe, et plus, voyons si les roses éveillées seront radiantes sur les fumiers des chaos sociaux!

      A ce jour, je pense que ce silence intérieur, quelque soit l’environnement, existe lorsque les 7 chakras sont unis en 1 seul. Sinon, c’est bêtement un état de conscience modifié…

      En attendant, utilité de saisir chaques opportunités avec le beau, en ville ou en nature.

      • waterbreathing dit :

        comme vous le dites, je pense(pensais ? ) que le silence est avant tout intérieur, et qu’il est possible de rayonner de sérénité même en un milieu tel que décrit.Possible, mais difficile, les conditions ne sont, disons, pas réunies pour, il faudrait toujours être super équilibré pour ne pas se trouver réceptif aux ambiances véritablement lourdes de ces lieux.en ce qui me concerne, j’ai toujours été hermétique à mon environnement, on pouvait, plus jeune, me « poser » en pleine nature, ou en plein centre ville, presque, je ne vivais , ou croyais ne pas vivre de différences, je faisais une formidable abstraction de l’environnement, ne regardais pas « vraiment » (regarder et voir sont-ils la même chose ? regarder m’a souvent semblé comme porter une considération qq peu objectisante, et finalement de « séparation » entre soi, et ce qui est regardé)autour de moi, ou d’un regard de myope, absorbé sinon du lointain de la rêverie.J’ai toujours « pensé » que le silence pouvait se vivre partout, mais les lieux tels que décrit, de barres d’immeubles sont assez dénaturés, dénaturant, je crois très difficile à présent de trouver ce calme en plein centre urbain.Pour ma part je prends le métro parisien régulièrement, et bref, c’est ..aha, c’est une épreuve, disons. je trouve cela inoxygénable personnellement ..et très bruyant

      • elba dit :

        Nada, tu dis ‘Les beaux lieux, c’est-à-dire préservés des pollutions, ne sont pas à la portée de tous.’
        Je ne suis pas vraiment d’accord avec toi. Même en région Parisienne, il existe des forêts, des parcs, où chacun d’entre nous peut se rendre pour se ressourcer un peu.
        Peut-être aussi, si l’on a vraiment marre de la vie urbaine, qu’on peut aller se poser dans un coin de campagne, pour y vivre plus simplement. Ah ! d’accord, il n’y a pas de ciné tout près, pas de bars ou de pubs non plus, peu de restaurants, de magasins, de musées… bref, comme disent mes filles qui se sont ‘expatriées’ en grandes villes, « pas grand-chose à y faire ». Mais on y vit dans plus de calme, on y connaît un peu plus ses voisins… Et l’on peut ouvrir sa porte pour avoir tout de suite au-dessus de nous, ce ciel ensoleillé, étoilé ou pluvieux comme aujourd’hui, qui remplace avantageusement, je trouve, le béton des villes.
        Tout est une question de choix… Même si certains « riches », comme tu dis, ont le culot de s’approprier ce qui est normalement à tout le monde !
        Amitié à toi. ♥

        • waterbreathing dit :

          question de choix cela me fait penser à ce qui est écrit en certains textes qu’il y aurait à croire, voir, en soi la réalité que l’on veut vivre, pour en planter les graines à se réaliser ..Qu’il ne serait pas à regarder, ou considérer seul les considérations « matérielles » (du genre, argent, par ex), mais de voir plus loin, autrement, pour « créer » la réalité.mais question de choix cela me fait penser tout de même qu’il y a question de moyens, aussi, certes, que l’on se donnerait ?Enfin, cela ne me semble pas si simple encore pour ma part.

      • elba dit :

        « Demeurer zen quand les voisins mettent de la techno-métal à fond la caisse est impossible, pour un hypersensible aux énergies invisibles. »

        Là, je suis tout à fait d’accord avec toi ! 🙂 … Hélas.

        • marie christine dit :

          Moi aussi, je suis bien d’accord avec Nada ! Il n’y a que la nature qui soit capable d’un tel exploit : « demeurer zen quand les voisins mettent de la techno-metal à fond la caisse » ! Ou alors, il faut être vraiment très évolué .
          En ville, je ne supportais même pas d’entendre marcher au-dessus de ma tête !
          La promiscuité …, faut aimer ou trouver le moyen d’y échapper …, d’une manière ou d’une autre …

  12. Salvia dit :

    Merci pour ce si beau texte, ces phrases sont tellement vraies! Et cela se vit de plus en plus consciemment et à chaque instant. Je remarque pour ma part que c’est en cela qu’il y a comme une faille qui s’opère entre ceux qui vivent dans le stress et ceux qui vivent en accord avec la nature. Comme si ces deux espèces humaines, vivant longtemps sur un continent unique, se retrouvaient tout d’un coup chacune sur une partie qui se sépare l’une de l’autre. Une faille est là qui s’agrandit et provoque de plus en plus l’éloignement des deux continents. Et pourtant les deux baignent dans le même océan…

    • Xablo dit :

      Je voulais assister au moins une fois dans ma vie à un lever ou coucher de soleil et voilà que je tombe nez à nez sur cet article.
      Je vis aussi en pleine ville, dans cette oppression propre à la vie en cité. Quand je croise des gens, très souvent, ils fuient du regard comme s’ils ne regardent pas la vérité en face (c’est ce que je pense) et regardent uniquement devant eux plutôt que de regarder autour d’eux. Car autour de nous, la nature reste à nos côtés, elle est toute proche, elle est capable d’apaiser nos souffrances, de donner de l’espoir malgré le bruit, le stress et la pollution. Chaque fois que je traverse un pont, je regarde en bas, je regarde la rivière, j’essaye d’apercevoir des oiseaux nageant tranquillement à la surface de l’eau. Il m’est déjà arrivé de voir des cygnes qui nageaient (classique, mais toujours d’une rare beauté) et d’autres qui volaient. La beauté de cet oiseau alliée au plus vieux rêve de l’humanité donne une magie singulière à la nature qui me laisse sans voix, chaque fois qu’elle m’atteint. Tout cela pour dire qu’il n’y a pas plus magnifique, pour moi, que la nature.
      « Je remarque pour ma part que c’est en cela qu’il y a comme une faille qui s’opère entre ceux qui vivent dans le stress et ceux qui vivent en accord avec la nature. Comme si ces deux espèces humaines, vivant longtemps sur un continent unique, se retrouvaient tout d’un coup chacune sur une partie qui se sépare l’une de l’autre. Une faille est là qui s’agrandit et provoque de plus en plus l’éloignement des deux continents. Et pourtant les deux baignent dans le même océan… »
      J’aimerais ajouter qu’il y a encore de nombreuses failles dans ce monde. Un simple exemple, l’immense faille entre les hommes et les femmes. Ces dernières ne sont malheureusement pas sur un pied d’égalité avec les hommes. Si j’écris cela, c’est pour dire que nous appartenons tous à la nature et la femme est de loin la plus belle des créatures qui puissent exister. C’est pourquoi les hommes doivent respecter les femmes. Sans elles, que ferions-nous messieurs ?

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