Invitation au voyage – Acte I

Peinture de Zeljko DjurovicPar Alain Degoumois.

Le monde semble parfois se brouiller et tanguer comme un bateau ivre. Comme si soudainement le monde était enveloppé d’un brouillard qui noyait toutes choses. Et tous les arguments de raisons que nous utilisons pour tenter de comprendre n’y peuvent rien. Toutes nos certitudes s’étiolent et c’est finalement l’incertitude qui gagne et étend sa souveraineté.

Face aux changements profonds et radicaux qui se sont initiés actuellement dans le monde visible et invisible, le mental peut certes supposer certaines choses, mais il reste dans l’incapacité de comprendre en profondeur ce qui se passe réellement.

Mais lorsque nous prenons un petit peu de ce temps si précieux en faisant taire notre mental, voici que le silence nous couvre de sa présence. Et voici que soudainement la vie semble se dilater et se contracter à l’infini, comme éprise d’un battement cardiaque qui entre en résonance et s’aligne sur d’autres réalités…

*

Il est difficile d’exprimer par des mots ce qui se passe réellement lorsque le mental se tait. Nous restons finalement les témoins d’événements qui échappent à notre compréhension. Car c’est à la fois si ténu et si profond que le langage peine à exprimer cette profondeur et cette simplicité.

Mais ce que nous pouvons dire c’est que lorsque le mental fait silence, lorsque les bruits de fond du mental se taisent, quelque chose se passe en nous. Nous commençons à nous connecter à nous-mêmes, à notre espace intérieur.

Lorsque le flux incessant des sollicitations extérieures et des bruits du mental se tait, alors quelque chose vient et nous convie à plus grand que nous-mêmes. Et nous entrevoyons soudainement le drame de l’homme qui est de rester étranger à lui-même en ne cessant de nourrir ces bruits de fond. Nous entrevoyons le drame de l’homme de ne plus pouvoir s’arrêter de courir vers un hypothétique meilleur et de remplir constamment sa vie de bruits de fond qui l’empêchent de tourner son regard à l’intérieur de lui-même. Nous entrevoyons enfin que c’est notre dernier jugement qui constitue le Jugement Dernier.

Paradoxalement, lorsqu’on souhaite comprendre cela avec le mental, cela disparait. A l’instant même ou le mental pose une question, cela est ailleurs.
Car une main ne peut saisir une poignée d’eau…

C’est uniquement lorsque le mental fait silence que quelque chose de calme, profond et serein, émerge alors. Oui, quelque chose éclot dans l’instant présent, et l’homme soudainement se rencontre lui-même… Non pas uniquement dans son corps mais dans un espace bien plus vaste.

Et cette prise de conscience est le début d’un voyage : d’un voyage en soi-même avec soi-même pour se rencontrer et se retrouver.

Se rencontrer, c’est rencontrer l’Univers. Se reconnaître c’est reconnaître l’Univers…

*

Il y a dans l’océan de la vie tant de questions qui ne peuvent s’abreuver aux oracles du mental, et que seul le souffle du silence permet d’apprivoiser…

Combien de planches caricaturales et anatomiques, de théories analytiques devront encore fleurir pour tenter d’expliquer ce qui ne peut être couché sur le papier ?

Kris KuksiCe n’est pas de comprendre que souffre l’homme, mais d’être. Il a mal de cette frénésie et de cette célérité maladive que souffle la vie sociale. Il a mal de s’être oublié lui-même en s’offrant en pâture aux signes de l’amnésie. On n’apprend pas à être, on ne comprend pas ce que signifie être. On n’apprend pas le sens de la vie en lisant et décryptant des planches anatomiques.

Le sens de la vie est partout. Du plus insignifiant grain de sable aux plus spectaculaires éruptions solaires, la vie fait sens et nous enseigne. Mais parce que nous restons étranger à nous-mêmes, notre regard reste rivé sur des petites fenêtres carrées ou rectangulaires que sont les livres ou les écrans d’ordinateur.
Mais l’essentiel de nos vies est ailleurs.

La vie est un grand maître et nous avons tout à apprendre d’elle. Par amour, elle nous confronte à nous-mêmes et sait nous guider là où nous n’oserions pas aller par crainte de devoir nous remettre en cause. La vie nous guide vers nous-mêmes. Elle nous rattrape toujours afin de nous construire et nous aider à accoucher de nous-mêmes.

La vie nous murmure d’être…

Et c’est en cela que la vie nous invite au voyage… Êtes-vous prêt à hisser la grand voile ?

Bien fraternellement,

Alain.

Source originale.

Source : http://www.urantia-gaia.info (en cas de copie, merci de respecter l’intégralité du texte et de citer la source)

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71 Responses to Invitation au voyage – Acte I

  1. Thau dit :

    lu sur:http://www.jeanyvesleloup.com/fr/texte.php?type_txt=0&ref_txt=105

    Fraternellement

    Mon cher A,

    Tu me demandes ce que je fais, là, au Mont Athos.
    « Après tout ce que j’ai vécu, je ne vais tout de même pas me “rendre à Dieu”, à l’évidence… Jusqu’ici nous nous sommes très bien passés de cette hypothèse… »
    « Je ne croirai jamais, me dis-tu, que la grâce te soit tombée sur la tête, je crois plutôt que tu fuis. Tu renonces au réel, tu vas rejoindre la horde des rêveurs d’outre-monde, tu vas cacher derrière une barbe, des volutes d’encens et sans doute bientôt une robe noire, ta vanité ou ta vacuité. Je ne doute pas, connaissant tes goûts esthétiques, que le mont Athos soit un refuge idéal pour ta lâcheté…
    Après tout, pourquoi ne pas vivre ta vie absurde, accompagné de chants byzantins, de belles icônes, dans une nature préservée, un climat agréable, parmi des architectures historiques d’une grande beauté et des hommes sans doute intelligents et d’une fine douceur ?… »
    Si j’étais le cynique que tu imagines, je te dirais : oui, pourquoi pas ? Est-ce être lâche que d’aimer la beauté, le calme, et la compagnie de ceux qui les apprécient ?
    N’est-ce pas toi, le fou ou le malade ? Continuer à vivre dans un monde que tu considères, tu me l’as dit, de plus en plus laid, lourd, invivable ? Qu’est-ce qui te fait courir ainsi ? T’épuiser non seulement dans le travail, mais aussi dans toutes sortes de rencontres ou relations que tu juges de plus en plus vaines ?
    Tu me disais un jour que la médiocrité te semblait insupportable et que pourtant « il fallait y consentir… Désirant ce qu’il n’a pas ou ayant ce qu’il désire, dans un cas comme dans l’autre, l’homme est malheureux… »
    Ne pense pas que j’ai vendu ma lucidité pour un peu d’« eau de vie » (ouzo) et quelques loukoums ?
    Avant d’arriver ici, j’ai pris le soin et le temps de me suicider…
    La « grâce » pour un athée fervent et dogmatique comme toi, ne pouvait prendre que des allures fatales…
    Mais, rassure-toi, rien ne m’est tombé sur la tête, c’est le corps simplement qui s’est écroulé ! De fatigue, de poisons… j’ai eu peur ! Comment ai-je eu peur, moi qui disais : « On ne peut pas avoir peur de “rien” »… puisque j’étais persuadé qu’il n’y avait rien, ni avant la mort ni après la mort.
    Mais ce « rien » n’était qu’une pensée, une représentation, sans ressemblance avec la réalité, celle à laquelle on n’y pense plus, mais où simplement on « est ». C’est la réalité qui nous intéresse, n’est-ce pas ?
    Alors allons-y : que reste-t-il quand il ne reste plus rien ? C’est difficile à dire, puisque justement il ne reste plus personne pour le dire. Et pourtant je dois t’avouer ce qui s’est passé, à ma grande surprise et bien indépendamment de ma volonté…
    J’ai déjà fait le récit de cette aventure, je ne vais rien y ajouter :

    Arrivé à Istanbul, je tombai gravement malade. On m’a dit par la suite que j’avais dû être empoisonné mais je ne trouve personne à accuser sinon moi-même qui, dans mon indifférence, pouvait manger ce qui restait dans les rues après un marché et boire des eaux qui ne coulaient pas toutes de source. Je mangeais si peu qu’à mon avis c’est dans les eaux sales du Bosphore qu’il faut chercher le microbe fatal. On me trouva dans la rue sans connaissance. Voyant que j’étais européen, on me conduisit dans un hôpital où vivaient encore des médecins et des infirmiers français. Après les examens d’usage, dont un électro-encéphalogramme, on me déclara « mort ».
    Je n’étais pas le premier de ces jeunes Européens qu’on retrouvait ainsi. Drogue, misère, empoisonnement, peu importe, on les déclarait vite morts et, s’ils n’avaient pas de papiers, ce qui était mon cas, on ne tardait pas à les enterrer, ce qui allait être mon cas. On décida néanmoins d’attendre un peu et de m’installer dans une chambre fraiche, à l’écart.
    Raconter ce que j’ai vécu alors me semble bien difficile ; d’abord parce que, avec un électro-encéphalogramme plat, on ne pense plus, ensuite parce que mon expérience n’a rien de très original lorsqu’on connaît les nombreux récits de near death experience dont on parle aujourd’hui. Je suis toujours étonné de l’abondance d’images et de lumière dont témoignent ces rescapés de la mort. Pour moi ce fut plutôt le vide. Rien, mais j’avoue n’avoir jamais connu un état de plénitude semblable à ce vide, à ce Rien.
    Je vais essayer d’être le plus honnête possible et te décrire avec des mots ce que je sais hors d’atteinte des mots. Les concepts en effet appartiennent à l’espace-temps, et font toujours référence à un « quelque chose » ou au monde. Or cette expérience ne s’est pas vécue dans notre espace-temps et demeure donc hors d’atteinte des instruments qui y sont forgés.
    D’abord, « je ne voulais pas mourir » ! J’avais souhaité la mort, je m’y étais préparé de toutes sortes de façons, conscientes et inconscientes, et, au moment où « cela » arrivait, je disais, non ! J’ai peur, et plus je dis non, plus je souffre… quelque chose d’intolérable, une révolte de tout mon corps, de tout mon psychisme, non ! Puis, devant l’inéluctable, l’intolérable surtout de la souffrance, quelque chose en moi craque, sombre, et en même temps acquiesce. À quoi bon lutter ? Oui. J’accepte…
    À l’instant même de ce « oui », toute douleur s’évanouit. Je ne sentais plus rien, ou quelque chose de très léger. Je comprenais le symbole de l’oiseau dont on se sert pour représenter l’âme. J’étais toujours dans ma petite boîte ou dans ma cage, mais l’oiseau déjà étendait ses ailes, prenait son vol. Sensation d’espace, « horizon non empêché », mais toujours conscience, extrêmement vive, lumineuse, que je percevais à la fois dans mon corps et hors de mon corps. Puis, pour reprendre l’image (inadéquate), « l’oiseau sortit de sa cage », sortit du corps et du monde qui l’entourait, mais l’oiseau avait encore sa conscience d’oiseau, autonome et bien différenciée de sa cage…
    L’« âme » existe bien en dehors du corps qu’elle informe ou qu’elle anime, cela a été rapporté par d’autres témoins.
    Puis… comment dire ? comme si le vol sortait de l’oiseau, un vol qui continue sans l’oiseau et qui s’unit à l’Espace… Il n’y eut plus de conscience, plus de « conscience de quelque chose », corps, âme ou oiseau : rien…
    Mais ce rien, ce no-thing (pas une chose, disent mieux les Anglais), c’était l’Espace qui contenait le vol, la cage et l’oiseau, cette vastitude contenait la conscience, l’âme et le corps, ce n’était rien de particulier, de déterminé, d’informé. Cela n’est Rien, cela Est… c’est tout ce que je peux dire.
    Pendant ce « temps-là », ou plutôt pendant cette « sortie de ce temps-là », on préparait mon enterrement…
    Que s’est-il passé ?
    Je me souviens seulement d’un homme qui a crié en français : « Il n’est pas mort ! » et on entreprit alors des choses désagréables pour me réanimer. Le vol revint dans l’oiseau, l’oiseau redescendit dans sa cage, l’oiseau suffoquait, il n’arrivait pas à respirer, on lui mit dans les poumons « un air qui n’était pas le sien », on lui transfusa dans les veines toutes sortes de liquides qui n’étaient pas son sang…
    Quand il commença à gémir, tout le monde fut rassuré : « Il sort du coma . »

    Je te disais que je ne vois rien à ajouter à ce récit. Pourtant, presque quarante années après cet événement, je me pose la question : « Faut-il attendre de mourir, de se suicider précocement pour goûter ce qui reste quand il ne reste plus rien, c’est-à-dire : « ce qui est vraiment » ?
    Je ne referais pas deux fois la même erreur, je ne revivrais plus sans vivre, car c’est vrai que je ne vivais pas avant cette expérience. Je me faisais des illusions, je me racontais des histoires – je prenais mes discours sur la réalité pour la réalité, comme les scientistes autrefois prenaient leur représentation du réel, ce que pouvaient en saisir leurs instruments sophistiqués, pour le Réel…
    Ce que je croyais être la vie, ce n’était pas la « Vie », mais la « vie mortelle ».
    Cette expérience de « mort clinique » m’a appris que mourir, c’est perdre ses limites, ces limites auxquelles nous nous identifions, physiquement, psychiquement et mentalement.
    La Vie qui prend forme en moi est plus que moi. La Conscience qui prend corps en moi est plus que mon corps. Le Logos qui se fait chair en moi subsiste quand je ne suis plus là pour le manifester.
    Seule meurt la mort, ou ce qui est mortel, seulement ma peur de la mort, c’est-à-dire « moi ».
    La Vie continue.
    La Conscience rayonne.
    Le Logos demeure…
    On peut m’enlever la vie que j’ai, mais non la Vie que « je suis »…
    J’ai découvert dans cet instant « clinique et tragique » que je n’avais pas la vie, mais que « j’étais la Vie… »
    « La vie que j’ai », comme tout ce que j’ai d’ailleurs (biens matériels, relationnels, intellectuels, etc.), un jour je ne l’aurai plus…, c’est une évidence.
    La Vie que « je suis » (non identifiée à celle que j’ai), je la serai toujours. C’est une autre évidence… celle à laquelle je ne m’attendais pas.
    Qu’est-ce que je fais ici ? me demandes-tu.
    Rien d’autre que de « laisser être la Vie que je suis », demeurer dans ce mouvement de la Vie qui se donne, être présent à cela, de tout mon corps, de toute mon intelligence, de toute mon affectivité, avec gratitude…
    Nous ne sommes pas nés pour faire quelque chose, mais pour être quelqu’un…
    Ici, comme partout, c’est un bon lieu pour être vivant et pour « laisser être la Vie » dans la forme précaire et provisoire qui nous est donnée (moi-toi-la société-le cosmos) pour encore un peu de temps.
    Mais, il faut le savoir, nous ne sommes pas nés seulement pour mourir, bien davantage pour perdre nos idées sur la vie et sur la mort, pour perdre nos prétentions et nos limites.
    Tu me diras : « Et Dieu dans tout ça ? »
    Je te rappelle que Dieu n’existe pas ; s’il existait, comme tout ce qui existe, il serait voué à disparaître… Quel intérêt d’« avoir » un dieu qui existe, ou d’avoir la « vérité » ? Comme tout ce qu’on a, un jour on ne l’aura plus…
    L’important ce n’est pas le « dieu qu’on a » mais le « Dieu qu’on est ». L’important ce n’est pas la vérité, la vie qu’on a, mais la Vérité, la Vie qu’on est.
    Je te rappelle également que dans la Bible il n’est nulle part question de Dieu, mais davantage de YHWH, d’Adonaï, de Shaddaï, d’Eyeh asher Eyeh, d’Elohim, de Shabbaot, chacun de ces noms étant une tentative pour mettre un mot sur une expérience. L’expérience de l’Inconnu, du Silence ineffable au cœur de tout ce qui vit et respire (YHWH) ; l’expérience d’un Sens qui nous oriente, nous structure et nous conduit (Adonaï) ; l’expérience du monde comme manifestation d’une Force et d’une Énergie incommensurable (Elohim) ; l’expérience d’une Présence qui nous enveloppe, nous soutient, presque d’une « Mère » qui nous porte (Shaddaï) ; l’expérience d’un Ordre, d’une Harmonie qui structurent les différents plans de l’être ou les différents « niveaux de réalité » pour parler comme les physiciens d’aujourd’hui (Shabbaot)…
    Il y a bien d’autres noms de Dieu, c’est-à-dire bien d’autres façons d’entrer en relation avec la Réalité une – diverse et ineffable.
    L’expérience que je te racontais il y a quelques instants n’est-elle pas proche de celle de Moïse lorsqu’il accueille Dieu comme étant Eyeh asher eyeh : « Je suis qui je suis » ?
    N’est-ce pas l’expérience que tout être humain peut faire de la « Vie qu’il est » ; non seulement au moment où il perd la « vie qu’il a », mais dans le quotidien même de cette vie mortelle ?
    Dans les Évangiles, on parle de Dieu comme étant la belle et grande Zoé : la Vie… « Il est la Vie – par lui tout existe, sans lui : rien… La Vie est la lumière (phos) des hommes… elle éclaire tout être humain venant en ce monde (panta anthropon ) ».
    En tout cas, c’est l’expérience de Yohanan le disciple, et l’expérience de Yeshoua le maître : « Je suis la vie… Je suis la lumière du monde… Avant qu’Abraham fût, “Je suis” … »
    Je n’ai rien contre le mot « Dieu » si on se souvient de ce qu’il veut dire et à quelle magnifique expérience il nous renvoie : Dieu, c’est dies, le jour.
    Voir Dieu, c’est « voir le Jour », c’est demeurer dans la lumière ; la lumière étant ce qu’on ne voit pas, mais ce qui nous permet de voir toutes choses (de même, la Conscience n’est pas « quelque chose » dont on pourrait « avoir » conscience, mais ce qui nous rend conscient).
    On peut mourir sans avoir jamais vu le Jour !… Quel dommage : nous voyons les choses, nous ne voyons pas la clarté dans laquelle elles nous apparaissent, nous voyons le visible, nous ne voyons pas l’Invisible… nous appréhendons toutes sortes d’objets et nous ignorons l’Espace dans lequel nous pouvons les saisir…
    « Voir le Jour », comme le dit le Livre de la Genèse, c’est voir le « Rien » dans lequel apparaissent toutes choses. Quelle splendeur ! Voir la lumière non seulement autour ou entre les choses, mais au cœur des choses, voir la lumière dans la matière ! Ça, c’est la grande expérience du Mont Athos, c’est l’expérience du Thabor ou de la Transfiguration.
    N’est-ce pas aussi la conclusion, sans doute plus théorique qu’« expérimentale », des physiciens qui considèrent aujourd’hui la matière comme une des « vitesses les plus lentes de la lumière… » ? Nous ne fréquenterions que les « plus basses fréquences » du Réel… C’est notre appareil de perception (notre corps, notre cerveau), qu’il s’agit d’adapter aux différents niveaux de réalité qui s’offrent à nous.
    Je découvre chaque jour davantage que l’athéisme est une « maladie des yeux » (littéralement : a-theos – sans vision ou vision sans lumière), c’est avoir le regard arrêté par ce qu’il voit, c’est ne pas voir l’Invisible…
    D’ailleurs le mot theos, en grec, que nous employons ici à la place du mot Deus, Dieu, ne veut-il pas dire « vision » ? Comme le mot theoria, à l’origine, chez Platon, veut dire « contemplation » ?
    Ce que nous appelons Dieu – Theos – ici au Mont Athos et dans l’orthodoxie, c’est l’expérience d’une vision non arrêtée, une vision infinie qui replace chaque réalité finie à sa place et nous empêche d’en faire une idole. Dans la lumière de cette vision nous voyons la Lumière ; dans chaque acte de pure conscience nous expérimentons la Conscience ; dans chaque instant pleinement vécu nous expérimentons la Vie, dans chaque présent nous éprouvons la Présence…
    L’athéisme n’est pas seulement une maladie des yeux, c’est une maladie de tous les sens.
    C’est aussi l’« oreille arrêtée » parce qu’elle entend certains mots ou certains concepts qui empêchent d’écouter au-delà d’être sensible au silence d’où viennent toutes les pensées et où elles retournent toutes.
    C’est avoir le « goût arrêté » par certaines saveurs, certaines épices, c’est être insensible à la « fadeur » des eaux et autres « aliments » plus subtils… (cf. la manne – en hébreu man-ouh ?, littéralement : « qu’est-ce que c’est que ça ? »).
    C’est avoir les « mains arrêtées » par ce qu’elles touchent ou ce qu’elles tiennent incapables de pressentir le souffle, l’impalpable d’un corps…
    C’est avoir les « narines arrêtées » par certaines fumets ou, pire, par des « déodorants » effrayées par les parfums et l’encens, les « odeurs de sainteté » qui nous mettent sur la piste de l’Inconnu…
    Lao Tseu, et bien d’autres sages avant et après lui, n’avait-il pas ce pressentiment :

    On le regarde
    Cela ne suffit pas pour le voir
    On l’écoute
    Cela ne suffit pas pour l’entendre
    On le goûte
    Cela ne suffit pas pour en trouver
    La saveur .

    Et encore :

    Le regardant, on ne le voit pas, on le nomme l’Invisible
    L’écoutant, on ne l’entend pas, on le nomme l’Inaudible
    Le touchant, on ne le sent pas, on le nomme l’Impalpable .

    Comme le disent les Pères de l’Église et particulièrement Denys le Théologien : « De Dieu on ne peut rien dire de ce qu’il est, mais seulement ce qu’il n’est pas » ; on ne peut en parler qu’en terme négatifs…
    C’est une expérience des sens conduits à leur limites : au-delà et au-dedans du visible, on le connaît et l’on l’aime comme Invisible.
    Au-delà et au-dedans de la parole et des sons, on le connaît et on l’aime comme Silence…
    Au-delà et au-dedans de tout ce que nous pouvons toucher, nous le « contactons » comme l’Incréé, impalpable et intangible.
    Au-delà et au-dedans de tout ce que nous goûtons, nous le savourons comme Ineffable.
    Au-delà et au-dedans de tout ce que nous respirons, nous le pressentons parfois comme un arôme, une essence, qui nous extasient.
    Dans cette approche du Réel, les sens ne sont pas un obstacle à la connaissance et à l’adoration, à condition qu’ils demeurent dans l’Ouvert, non arrêtés par l’objet de leur « saisie » qui alors deviendrait une « idole », un obstacle à un plaisir plus grand.
    Ce « plaisir plus grand » qu’on appelle la béatitude, cette béatitude que certains appellent « Dieu »…
    Tu me parlais dans ta lettre de l’hédonisme comme d’un « privilège de l’athée », « les pauvres croyants se privent de toutes les choses belles et bonnes du monde… ». Pauvre hédonisme plutôt, celui dont le plaisir est arrêté par les objets seulement visibles, seulement audibles, seulement palpables… Pourquoi se priver d’un plaisir plus vaste, lié à l’ouverture possible de nos sens, pourquoi ne pas se réjouir aussi de l’invisible, du silence, de l’impalpable ?
    Quand on regarde la maison, pourquoi n’en voir que les murs et oublier l’espace, au-dedans et au-dehors, qui la rend habitable ? De nouveau je te cite le vieux sage :

    Trente rayons convergent au moyeu
    Mais c’est l’espace médian
    Qui fait marcher le char.
    On façonne l’argile pour en faire des vases
    Mais c’est du vide interne
    Que dépend leur usage.
    Une maison est percée de portes et de fenêtres
    C’est l’Espace au-dedans qui rend possible l’habitat .

    Nous avons perdu cette conscience de l’Espace, et c’est précisément cette conscience que je retrouve ici dans la méditation et la prière ; c’est cet Espace qu’il m’a été donné de vivre dans ma « chute » à Istanbul.
    Dans l’évidence de cet Espace, rien n’est détruit, les meubles de la maison sont à leur place ; pourquoi faudrait-il attendre l’écroulement de nos murs pour le reconnaître ?
    « Nul ne peut voir Dieu sans mourir »… aux catégories et aux modes dans lesquels nous voudrions le conceptualiser, l’« enfermer », l’« idolâtrer ». Être réduit à rien, consentir au vide et à la « docte ignorance », c’est produire en nous la matrice de la vraie connaissance, celle qui fera de nous – selon les termes mêmes de Maître Eckhart –des « mères de Dieu ».
    Je te parlais de ces « sens arrêtés » ; incapables de sentir au-delà des objets qui la manifestent, la présence de la Vie simple et souveraine. Il faudrait encore parler de l’« intelligence arrêtée » par ce qu’elle sait, incapable de contemplation et d’ouverture à l’Inconnu… De l’« affectivité arrêtée » (attachée) par ce qu’elle aime, incapable d’embrasser et de laisser libre, de garder ouverte son étreinte.
    Il faudrait parler aussi de la « foi arrêtée » par certaines représentations de Dieu, incapable d’adorer l’infini Réel dans son incognoscibilité, ineffable, innommable. Je ne fais là que te rappeler la tradition apophatique de nos pères des premiers siècles ; ceux qui nous inspirent encore aujourd’hui à l’Athos :
    « S’il arrive que, voyant Dieu, on commente ce qu’on voit, c’est qu’on n’a pas vu Dieu lui-même, mais quelqu’une de ces choses connaissables qui lui doivent l’être. Car en soi il dépasse toute intelligence et toute essence. Il n’existe, de façon suressentielle, et n’est connu, au-delà de toute intellection, qu’en tant qu’il est totalement inconnu et n’existe point. Et c’est cette parfaite inconnaissance, prise au meilleur sens du mot, qui constitue la connaissance vraie de Celui qui dépasse toute connaissance . »

    Excuse-moi de t’entraîner vers des pensées qui ne te sont sans doute pas familières, mais ce sont des pensées très humaines et je sais que « rien de ce qui est humain ne t’est étranger »…
    La nuit est tombée sur la montagne. Quand tu me liras, il fera peut-être nuit au-dehors, chez toi.
    Ouvre ta fenêtre, regarde les étoiles et ces myriades de mondes infiniment plus vastes que le nôtre, regarde l’Espace qui les contient, regarde la nuit qui nous déborde, le jour qui vient…
    Regarde encore…
    La conscience, ou la Présence, qui contient cet Espace, cette nuit et ce jour qui vient.
    Regarde,
    es-tu cela ?

  2. katerina dit :

    Surement Pierrot ,
    Merci
    Katerina

  3. muriel dit :

    Bonjour Béa,

    « …. combien il est difficile (voire impossible !) de traduire en mots l’indicible. »

    Pourquoi poser (ou ne pas poser) des mots sur « l’indicible »… ?
    Mais je comprends ce que tu exprimes… L’Absolu…
    L’indicible est intraduisible… c’est le propre du ressenti, du coeur… sa nature même, son essence…

    Cela étant l’indicible Est le mystère… Il est partout et nulle part à la fois… dans l’indéfinissable, dans l’infini ressenti de l’être.
    Mais il est aussi dans la beauté d’un regard, d’une fleur, dans la douceur ou la force du vent… dans le vent lui-même…
    Il Est dans l’immobilité apparente des arbres ou dans le frémissement de leurs feuilles… dans leur fragilité aussi.
    Il Est dans la douceur d’un matin de printemps ensoleillé qui nous submerge le cœur ou encore dans les reflets de la lune qui nous souffle un murmure… pour un échange intérieur et secret avec la nuit, les étoiles, un oiseau qui chante dans l’obscurité…
    Il Est dans les couleurs flamboyantes d’un coucher de soleil alors que l’on est assis sur le sable à contempler la Vie, la mer et son horizon… à vibrer sur l’essentiel, en ce que nous sommes… que l’on soit dans l’ici le maintenant, ou encore ballotté par nos pensées qui défilent comme les vagues de l’océan finissant par se jeter sur le sable.
    Il Est dans la tristesse et la mélancolie, ce mouvement du cœur insondable qui nous emporte parfois dans les pièces de l’oubli en regard de ce qui nous entoure, comme il Est dans le sourire sur un visage qui s’éclaire et s’illumine, dans un regard où l’on perçoit l’innocence et la pureté.
    Il Est aussi dans le rire… ce soleil en mouvement au cœur de l’être… par-delà nos tourments et nos douleurs.
    Il Est encore dans la solitude infinie de celui qui pleure et qui souffre.
    Il Est dans cet échange de cœur à cœur pour une main tendue, un souffle magique, une caresse, une douceur ineffable.
    Il Est dans ce silence intérieur qui nous ramène à nous-mêmes… dans une intuition fulgurante aussi ou dans le souffle de notre petite voix qui chuchote en nos cœurs… dans ce contact inexprimable avec la nature, notre reconnexion en son sein pour nous rappeler que l’essentiel est là, sous nos yeux.
    L’indicible Est ce lien, notre lien, indéfinissable, entre ciel et terre… ce lien indéterminable face à ce qui nous dépasse… et qui nous lie, nous relie et nous unit tous les uns et les autres…
    C’est déjà beaucoup…

    Il n’y a peut-être pas de mots pour traduire l’indicible Béa… et il y a mille et mille façons de le toucher, de le sentir, le ressentir, de le vivre et le vibrer… de l’offrir aussi naturellement, simplement… notamment par le biais d’un petit rien… un grand tout, ou par le biais de l’art sous toutes ses formes… du subjectif pour l’indicible…

    Ce sont ces mots Béa qui me viennent à l’esprit… et bien sûr ce ne sont que des mots. Ils sont pauvres sans doute et limités. Ils sont simples et sans prétention aucune. Ils sont ce qu’ils sont… mais le plus important reste le ressenti même inexplicable, impalpable parce que profond, joyeux et jaillissant du fond de soi pour nous inonder, nous submerger jusqu’au fond de l’être… dans la joie du coeur.

    • muriel dit :

      En partage… un extrait de « l’homme-joie » de Christian Bobin.

      Un trousseau de clés

      « Je lisais un philosophe quand la grande vague du rire m’a envahit. Un rire silencieux, sismique, souterrain. En montant à la chair du visage il ne donnait qu’un sourire, une secousse de surface mais par-dessous mon cœur était brûlant, un brasier dans ma poitrine. Le philosophe était plus qu’estimable. Il avait trouvé un trousseau de clés perdu dans l’herbe. De belles clés en or, larges comme les clés d’une ville et à peu près aussi inutiles : il n’y avait pas de portes. Il n’y en avait jamais eu. Les clés ne servaient à rien – ce qui avait fait lever en moi le grand rire silencieux qu’à présent je partageais avec le bouquet de freesias sur le bord de la fenêtre. Un duvet volait sous mes yeux. Ce peut être joyeux de n’être qu’une poussière. Les fleurs riaient de toutes leurs couleurs. Une araignée grimpait à sa corde d’argent de l’autre côté de la vitre. Elle filait droit au ciel comme une parole sans prudence. Et elle riait de l’inutilité de toute philosophie, comme en riaient les fleurs et la vigne vierge autour de la fenêtre, et les pages blanches pas encore cuites sur le bureau. Le mot « bureau », même, devenait farceur, comique. Vraiment j’aimais ce philosophe. Ses phrases étaient pleines d’une paix lumineuse, aérée, bienfaisante. Mais le grand rire était plus fort. Il venait du fond des étoiles, lancé comme une pierre. Les livres des philosophes sont comme ces masques de carton qu’on fait tenir par un élastique contre son visage. Dessous le carton on manque d’air. Regarde, me disaient les fleurs dont l’odeur retapissait la chambre. Regarde : il n’y a pas de porte, nulle part. Il n’y a que notre parfum, nos couleurs et nos rires. L’autre monde commence par ce rire. L’autre monde est ce rire. Pourquoi chercher ailleurs, autre chose ? Le dieu est un enfant qui se cache et il y a un moment où il se trahit : quand on passe près de lui, on entend son fou rire. Tu peux l’entendre dans la musique, dans le silence. Dans le bourgeon qui éclate, derrière le nuage qui passe ; dans la bouche édentée. Partout. C’est incroyable le bruit que peut faire un bouquet de fleurs dans une toute petite chambre. Elles me soûlaient. Aucune philosophie au monde n’arrive à la hauteur d’une seule marguerite, d’une seule ronce, d’un seul caillou discutant comme un moine rasé en tête à tête avec le soleil et riant, riant, riant.

      Je regarde le bleu du ciel. Il n’y a pas de porte. Ou bien elle est ouverte depuis toujours. Dans ce bleu j’entends parfois un rire, le même que celui des fleurs : impossible de l’entendre sans aussitôt le partager.
      Ce bleu, je le glisse dans ce livre, pour vous. »
      « l’homme-joie » de Christian Bobin.

      L’indicible… dans la joie éprouvée devant la simplicité en toute chose.

      Bien chaleureusement Béa.

      • Le Passeur dit :

        J’aime beaucoup aussi l’écriture lumineuse de Christian Bobin.

      • Béa dit :

        Merci Muriel pour ce partage simple, joyeux et poétique qui parle à mon Cœur et conte Divinement l’indicible mystère de la vie autant que la légèreté d’Etre .Toutes ces clés que nous recherchons pour,au final(qu’est l’arrivée!) découvrir ,quand on l’accueille pleinement,qu’il n’y a pas de porte dans l’ouverture infini de l’Amour Divin…
        Merci!
        Chaleureusement à toi !

      • alain thomas dit :

        Magnifique poésie libérée… au delà de toute philosophie…
        L’expression à l’état brut… un chant de réalisation…
        Merci douce amie de nous faire partager cet extrait de « l’homme-joie » de Christian Bobin
        ☼ ☼ ♥ ☼ ☼

    • Béa dit :

      Oui,Muriel,certainement que la meilleure et la plus belle façon de traduire l’indicible et de l’incarner dans le silence de notre pleine présence,dans la conscience de notre entier accueil à « ce qui est »,dans la dissolution de notre volonté de saisir ou maitriser ce qui ne demande que notre bienveillante attention et notre confiance sans faille,dans notre communion avec la Divine puissance de ce qui nous dépasse et nous sert…la magie de La Vie qui nous fait vivants d’instant en instant…
      Merci encore !

    • alain thomas dit :

      … il est dans la beauté d’une fleur d’avril à peine éclose et dont l’amant découvre sa splendeur… ♥ ♥ ♪♫☼♫♪ ♥ ♥

  4. katerina dit :

    Pierrot et Alain Thomas ,

    Vos deux messages sont doux . Le bon sens pour moi .
    J ai remarqué tellement de fois que quoique je fasse , il y avait toujours à redire , ou réécrire .
    Quant au fardeau il est en nous et s alléger est un véritable miracle , un cadeau .
    Je dis cela avec mes mots , expression de mon vécu .
    Affectueusement
    Katerina

  5. Louisetta dit :

    Chère Béa,

    J’ai pensé à toi en lisant cet extrait trouvé sur le site de Darpan l’Aventure intérieur (eh oui, en ce moment son cheminement me parle particulièrement)

    « Lorsqu’il fut demandé au Bouddha quel était le chemin de la pratique, il expliqua que la vie spirituelle se développait de quatre manières.

    La première est rapide et agréable. Par cette voie, l’ouverture et le lâcher-prise surviennent naturellement, comme une naissance facile, dans la joie et le ravissement.

    Le deuxième chemin est rapide mais douloureux. Nous pouvons avoir à faire face à une expérience forte de mort imminente, à un accident ou à la perte insupportable d’un être que nous aimions. Cette voie traverse une porte enflammée qui nous enseigne le lâcher-prise.

    La troisième forme de progrès spirituel est agréable et graduelle. Sur ce chemin, l’ouverture et le lâcher-prise ont lieu sur une période de plusieurs années, le plus souvent avec douceur et contentement.

    La quatrième situation est la plus commune : l’évolution est, là aussi, lente et graduelle mais elle prend place principalement dans la souffrance. Les difficultés et les luttes y sont des thèmes récurrents ; c’est à travers elles que peu à peu nous apprenons à nous éveiller ».

    Jack Kornfield « Après l’extase, la lessive » p. 158

    C’est un petit peu caricaturé évidement, mais malgré tout cela désigne bien qu’il y a plusieurs chemins, tous légitimes ! Même si l’ego parfois pleins de bonnes volonté veut montrer son chemin à tous et le croit LE chemin.

    Darpan a commenté: « Selon l’épanouissement de chacun, un être éveillé s’exprimera d’une certaine façon et son « enseignement » reflètera son propre parcours. C’est pourquoi, l’un déclarera qu’il n’y a aucun effort à fournir pour parvenir à l’éveil tandis qu’un autre soutiendra le contraire. L’un affirmera qu’il existe un processus et une pratique pour atteindre l’éveil alors qu’un autre dira le contraire. Tous deux ont raison selon leur propre parcours »

    J’ai compris depuis quelques temps que ce n’était pas parce qu’on avait eu la grâce de la vie d’entrevoir l’essentiel qu’il fallait dédaigner les multiples cheminements que la vie crée pour revenir à elle même.

    De tout coeur.

    • Louisetta dit :

      Je précise que je ne cautionne pas forcément le vocabulaire lié à l’éveil, qui peut compliquer bien des choses et mettre des échelles de valeurs la ou il n’y en a pas, mais que c’est le fond qui est intéressant ici, et simple.

      • Béa dit :

        Quoiqu’il en soit,tous les chemins mènent à l’éveil !. Il n’y en a pas de meilleurs que d’autres (personne à convaincre,rien à justifier) car ils sont tous parfaitement ajustés à notre histoire personnelle.Le merveilleux est que nul ne peux manquer de rentrer à La Source Une.
        La diversité des chemins ne doit pas nous éloigner de notre guidance intérieure,juste nous émerveiller par sa riche et infinie profusion.
        C’est pourquoi, Louisetta,je te remercie d’avoir pris ce temps pour me répondre et exprimer ton angle de vue,sachant combien il est difficile (impossible !) de traduire en mots l’indicible .
        Bien à toi !

        • alain thomas dit :

          Je dirais plus facilement que tous les chemins mènent immanquablement à la Source, là où il n’y a plus d’identité, plus de forme, que l’Un et/ou le Tout.
          Ceci est une conviction profonde totalement mêlée à ma foi.
          Ma foi me dicte que nous retournons à la Source sans pour autant savoir ce qu’elle est sinon qu’elle inclut tout et n’exclut rien, qu’elle est amour et luminosité, sagesse et clarté, incomposée et sans complexité… libre.
          L’éveil c’est autre chose.
          Les bouddhistes (dont j’ai été un fervent étudiant en son temps) balisent une Voie avec des moyens habiles et bien identifiés pour atteindre l’Eveil.
          Je ne vais pas m’étaler sur ce point.
          Toujours est-il que aujourd’hui, mon point de vue est que l’éveil est la Voie sans but.
          Dans le bouddhisme, ce point de vue est suffisant pour être considéré comme étant une vue erronée.
          Le « travail », je n’aime pas ce mot, consiste à déconstruire, à se débarrasser des voiles, à les dissiper ainsi qu’à dissoudre les obscurcissements liés aux poisons mentaux que sont l’ignorance, la colère ou l’attachement.
          C’est très compliqué.
          Il y a encore l’égo bien présent avec le désir et l’émotion.
          Avec l’émotion, chaque fois que j’en reconnais une, pour l’instant, je préfère la vivre plutôt que de la rejeter.
          Le vrai travail consiste à l’observer, la reconnaître et la transformer graduellement.
          C’est très difficile.
          Le désir reste pour moi essentiel sur le chemin parce que sans lui (à moins d’être totalement éveillé ou totalement froid et monstrueux), je ne crée rien, j’en suis incapable.
          C’est le désir « identifié » qui me pousse à l’amour, à la compassion et à tous les états qui font ce que je suis encore, un être imparfait qui chemine avec toutes ces imperfections.
          Alors, devant cette incapacité à résoudre les émergences du désir, je fais tout ce que je peux pour l’accueillir et le laisser être dans l’acceptation et dans l’attitude la plus juste possible pour ne pas faire de mal, enfin… presque.
          Bien à vous deux

          • Katerina dit :

            Alain Thomas ,

            Je pense également que c est très difficile et très compliqué , cela dépend de chacun , pour certains cela semble simple . Pour moi le chemin est semé d embuches . Logiquement et si j ai bien lu les textes ici , si cela était si simple pourquoi tant d interrogations , d écrits . Pour ma part , le probleme le plus délicat est de ne pas faire souffrir l autre . Et ce la est plus compliqué que d éviter de souffrir soi meme . Je sais je compare . En apprenant à ne pas souffrir , je pense que je ne ferai pas souffrir .
            J observe ici beaucoup de spiritualité et de textes associés , je n ai pour ma part jamais vraiment étudié cela . L étude permet certainement d avoir la connaissance pour comprendre .
            Et je remercie le passeur pour me permettre d avoir accès à cette connaissance .
            Merci Alain Thomas d exprimer des idées qui me permettent également de comprendre .
            L échange est important .
            Affectueusement
            Katerina

          • Katerina dit :

            Alain Thomas ,

            Le désir , j avoue que j ai oublié ce que c était . Pourtant il doit bien encore exister en moi .
            Quand je suis dans le calme et la paix , je n ai vraiment plus envie d autre chose et j aimerais alors que le temps s arrete . Est ce un désir ?
            Je me pose la question .
            Affectueusement
            Katerina

          • pierrot dit :

            Katerina,
            pour ma part le désir c’est de vouloir quelque chose que l’on n’a pas.
            Ce dont tu parles est relié à la présence il me semble pas au désir.

          • alain thomas dit :

            Je dirais que l’envie est de vouloir quelque chose que l’on n’a pas.
            Le désir inconscient amène à l’envie.
            Le désir conscient… maîtrisé… amène à l’amour et à toute créativité. Il devient « étincelle ». Il est transformé en éveil… à mon sens uniquement.
            Affectueusement
            Alain

          • Louisetta dit :

            Alain Thomas, je crois qu’on est bien d’accord, et même qu’on se répète un peu mais c’est comme ça. J’ai mis ça parce que ce sont simplement des balises pour se rendre compte vraiment qu’il n’y a pas qu’un seul type de chemin.

  6. Katerina dit :

    Béa ,

    Mon vécu est difficile à exprimer aussi . L important ce sont les mots qui sont ici ce matin .
    Les tiens sont sages .
    Bien à toi
    J ose empreinter ceux d Alain Thomas j espère que cela ne le gène pas .
    Katerina

  7. Katerina dit :

    Béa ,

    Mon vécu est également difficile à mettre en mots . Je crois que j ai compris ce que tu as exprimé avec sagesse et qui a retenu mon attention .
    Bien à toi
    J empreinte cette belle expression à Alain Thomas , j espère que cela ne le gene pas .
    Katerina

  8. Katerina dit :

    Merci Béa pour ta réponse ,

    Je comprends que les mots comme certicude , doutes , ne sont plus les meme quand l ego n est plus . Ils ont alors un autre sens , et cela participe à la création . Ce sont les idées qui me viennent à la lecture de ton message . Il y a dans celui ci beaucoup de lumière .
    Je le lirai à nouveau .
    Affectueusement
    katerina

  9. dit :

    Gratitude pour ce grand moment de Vie plein de générosité ….Une belle Lumiére transcende ce texte…. si vrai….Si vivant….
    Merci Madame La Vie

  10. Patricia dit :

    Oui. Laissons nous vivre… en observant avec attention…

     » Nous vivons des moments où la pure intelligence, libre d’imprégnation psychologique se manifeste;mais dès que nous revenons à ce cliché préfabriqué de notre personne,là où il nous semble voir une action, nous n’avons eu qu’une réaction ». Jean Klein

  11. Moonlight dit :

    Comme le disait si bien William : the question is : To Be or not to Be….

    Dans le coeur,

    Moonlight.

  12. alain thomas dit :

    « Il est difficile d’exprimer par des mots ce qui se passe réellement lorsque le mental se tait. Nous restons finalement les témoins d’événements qui échappent à notre compréhension. Car c’est à la fois si ténu et si profond que le langage peine à exprimer cette profondeur et cette simplicité. »

    Cela m’incite à citer ce qu’en dit le dictionnaire encyclopédique du bouddhisme, au sujet de la véritable nature de l’esprit : Rigpa :
    « Ce terme, qui signifie habituellement savoir ou intelligence en tibétain (sk. Vidya), a un sens bien spécifique dans le Dzogchen (la Grande Complétude). Il désigne le mode d’être originel, la nature fondamentale de l’esprit en chacun des êtres. En particulier, il faut bien distinguer rigpa de l’esprit ordinaire (mental : tib. Sems).
    L’esprit ordinaire, qui comprend les huit consciences, est l’esprit dualiste confus et tourbillonnant, jouet de l’illusion et producteur de confusion. Il est constitué d’une trame d’impulsions momentanées de pensées et de passions et sa nature est vacuité (plénitude). Découvrir la nature de l’esprit, c’est découvrir sa vacuité, son absence d’être en soi. Mais lors de la dissolution de l’esprit ordinaire, entre deux pensées, se manifeste une présence vide et lumineuse, sans objet, qui transcende tout ce qui appartient au domaine de la pensée. Rigpa désigne cette Base primordiale qui est incomposée, à la fois vacuité et luminosité.
    On le dit difficile à découvrir parce qu’il est trop proche de nous, trop simple, au-delà de l’appréhension de l’esprit ordinaire et trop profond.

    « Paradoxalement, lorsqu’on souhaite comprendre cela avec le mental, cela disparait. A l’instant même ou le mental pose une question, cela est ailleurs.
    Car une main ne peut saisir une poignée d’eau… »

    Tout le paradoxe du jeu de la vie qui fait sa sublimité et son mystère.
    Lorsque nous sortons du mental, nous entrons dans la Réalité, sans compréhension autre que l’émergence de la Sagesse Innée, nous voyons sans regarder, nous entendons sans écouter, nous ressentons sans sentir, nous nous connectons sans toucher, nous devenons ivres sans boire.
    Une seule saveur nous anime, telle la flamme du guerrier… nous SOMMES.

    Le texte d’Alain est magnifique, l’un des plus beaux que j’ai lus sur le sujet

    • Katerina dit :

      Alain thomas

      Sommes nous ?
      Etre et avoir …

      Katerina

      • alain thomas dit :

        Oui, d’une certaine manière nous sommes et d’une autre nous ne sommes pas…
        Affectueusement
        Alain

      • pierrot dit :

        devons nous être en maîtrise de l’avoir pour être?

        • Katerina dit :

          Avoir et etre
          ou avoir ou etre
          ou et et ou et et ou
          ou rien et tout
          Katerina

          • marie christine dit :

            Oui, être c’est avoir tout, puisque c’est posséder le Divin en soi . Mais qui en est pleinement conscient ?
            Avoir, c’est donc être tout .
            Mais allez savoir le sens que chacun donne à ces deux mots …
            Chacun y donne sans doute le sens de sa propre expérience .
            Etre, pour les uns, c’est l’état de méditation, pour d’autres c’est la communion avec la nature, pour d’autres, c’est se sentir bien avec quelqu’un, pour d’autres encore, c’est s’aimer, ou regarder en soi … Il y a mille et une manières de se sentir « être » selon l’expérience de chacun .
            C’est pourquoi il est difficile de p

        • Taoufiq dit :

          Être … tout simplement.
          Oui, sans projection de possession Marie Christine, c’est aussi avoir sans chercher à avoir

          • Béa dit :

            Nous sommes plus que nos possessions et il faut oser n’avoir rien pour Etre Tout.

            Tout ce à quoi on tient nous attache.
            Ne confondons pas éphémère et absolu,illusion et vérité,dualité et unité,peur et Amour,avoir et Etre…ces confusions génèrent doutes et troubles et nous éloignent de la simple réalité de ce qui EST MAINTENANT et qui, s’étendant à jamais,nous rend pleins et entiers,libres du manque et de l’absence.

            Avoir implique la peur de perdre nous privant ainsi de notre complétude originelle.

            Quand il ne reste rien,seule La Vie demeure !

          • Béa dit :

            A Marie-Christine,

            Tu dis: » avoir Tout c’est posséder le Divin en soi ».Pour moi,ce serait plutôt se laisser posséder par le Divin,bien qu’il ne puisse « prendre » ce qui est (naturellement) émanation de sa Divine extension.

            D’ailleurs,quand on dit que quelqu’un est possédé,il y a une connotation maléfique c’est pourquoi l’idée de posséder me semble impropre si nous admettons la perfection du Tout .

            Seul « donner » est expression d' »avoir »(car ce qui n’est pas partagé est perdu!) et,c’est à mon sens,sa seule et juste définition,dépassant la peur de perdre par la conscience de l’incessante abondance de La Source.

            « Donne de l’Amour et tu verras que tu n’en manques pas »!

            Ainsi ,c’est dans le plaisir du don inconditionnel(la transmission) que l’on dépasse le sentiment de manquer(d’avoir,de s’approprier,de prendre,garder,posséder,détenir…).

            En incarnant notre mission Divine,en levant les barrages à l’Amour (peurs) qui obstruent le cours de la Vie,nous devenons les fidèles co-créateurs de l’Un en perpétuelle expansion.

            Mais bon,ce n’est que mon humble avis !

  13. Soleil Bleu dit :

    « Car c’est à la fois si ténu et si profond que le langage peine à exprimer cette profondeur et cette simplicité »

    Voilà bien un porte-parole qui traduit en toute vérité allégée d’explication superflue la vibration de mon état d’Être actuel.
    Merci Alain de ces quelques mots riches du silence/mon silence qui les anime ☼
    S.B

    • marie christine dit :

      Béa, je crois que trop de spiritualité tue la spiritualité .
      Nous avons, sans nous en rendre compte diabolisé beaucoup de mots de notre vocabulaire en leur donnant une trop lourde charge . Nous nous sommes racornis de trop de tabous, de la même manière que l’on fait les religions avec leur pruderie vertueuse .
      Le mot « avoir » n’est pas plus scandaleux qu’un autre . Il peut être tout simplement le reflet d’une sensation de plénitude, d’abondance intérieure . Pourquoi le limiter à l’avoir matériel ? Et même l’avoir matériel, je ne suis pas apte à juger s’il est justifié ou non … Seul Dieu en a le secret .
      Et le mot « être », bienheureux celui qui peut HONNETEMENT dire ce que c’est avant même d’avoir atteint la 5ème dimension . Pour moi, par définition, il ne peut être que partiel . Mais chaque fois que l’on a fait une expérience mirifique, on a toujours tendance à prendre la partie pour le tout, ou l’étape pour le sommet . Ca, c’est l’être humain dans toute sa belle humilité !
      Voilà ce que je pense du cheminement général (moi incluse) .
      Nous avons développé beaucoup de belles certitudes qui pourraient bien s’envoler en fumée un de ces quatre .
      Je crois que le temps est venu de remettre à plat tout ce que nous avons appris dans les livres et les canalisations et qui ont tant formaté nos esprits parce que nous les avons absorbés sans discrimination . Revoir tout de fond en comble, et l’observer en détail à la lumière de notre réelle expérience vécue .
      Tout cet échafaudage pourrait bien se révéler être un château de cartes .
      Rien de catastrophique . Ca ne pourra que nous apporter la libération .

      • Béa dit :

        Marie-Christine,

        Je ne peux qu’être en accord avec tes sages paroles !

        Il y a toujours plusieurs niveaux de compréhension dans les écrits qui content l’indicible.

        Je pense cependant(pour le vivre) que nos quêtes intérieures nous mènent à des vérités imparables.
        Elles sont mes bases,largement éprouvées dans le vécu,et n’ont jusque là souffert d’aucune contradiction.Cependant,je reste biensûr ouverte à de nouveaux indices qui pourraient modifier ces certitudes.

        Ce que tu exprimes est juste et sage et je n’y vois pas de contradiction avec ce que j’ai humblement tenté d’exprimer.

        Il y a un temps pour douter et un temps pour ,sans prétention aucune,toucher la certitude.Ces vérités acquises tant par mes lectures que par mes douloureuses expériences sont des balises qui orientent mes choix en période de trouble et m’évitent de reproduire les mêmes erreurs que par le passé (ce qui ne m’empêche pas d’en produire d’autres !nous sommes tous perfectibles!).

        Les dichotomies sont fréquentes et ne doivent pas freiner nos avancées personnelles dans la compréhension de « qui on est ».

        Merci à toi pour ce retour !

        • Katerina dit :

          Béa ,

          Je suis en accord avec ton message . Cela met en lumière des éléments encore sombres de mon esprit . Des indices , des éléments , parfois simples parfois compliqués ont été mis sur mon chemin , créant des questionnements des interrogations . Les erreurs , les doutes , m ont aidé à avancé . Tant qu il y a incertitude , il y a à éclairer en soi . La certitude arrive peut etre au moment où l on ne se pose plus de question où on a tout laché . Car qui dit certitude dit non humilité pour moi . Est ce en cela une erreur ?
          Il doit arriver un moment où l on ne crée plus d erreur , si le divin est là et que par nature il est perfection et bonté . Je rejoins alors les mots d Alain , c est à ce moment là que 3D ou 5D n existent plus en nous . Ce ne sont que des hypotèses , ou idées qui sont et si je les exprime c est simplement que j ai pu les capter .
          Affectueusement
          Katerina

          • Béa dit :

            Bonjour Katerina,

            « Qui dit certitude dit non humilité pour moi ».
            L’idée d’être dans la certitude peut en effet être l’expression de l’égo prétentieux,croyant savoir et maîtriser.

            La certitude dont je parle se révèle seulement quand l’égo a abdiqué et qu’à force de recherche une évidence s’impose : la connaissance de l’égo est ignorance !.

            Alors seulement,dans ce vide intérieur,la vérité peut nous pénétrer et nous guider de son imparable créativité, nous assurer que la voie est dans l’abandon total à ce qui nous dépasse.

            La vérité est simple excepté pour les esprits tordus en quête de pourquoi,de comment,de quand.Seule l’humilité (admettre que l’égo ne peut résoudre ce qu’il met lui-même en place pour sa seule survie)peut nous ouvrir à l’indicible et nous porter instinctivement dans le magnifique courant des mystères de la vie qui nous fait vivants.

            Systématiquement,l’égo nous contraint à prendre la partie pour le tout,réduisant notre vision en perception et nous piégeant dans la peur,le manque et l’absence,nous privant ainsi de notre complétude originelle.

            Le Cœur,lui,nous invite à lâcher-prise de tout vouloir,de tout savoir.Il nous dépose,doucement et fermement,dans la seule demeure réelle de notre existence : l’éternel Présent ! là où la perfection devient certitude rassurante et apaisante,au-delà de toute quête,de tout but,de tout effort…juste dans l’émerveillement innocent de la seule conscience d’appartenir à cette magnifique et parfaite orchestration cosmique qui poursuit Divinement et inlassablement son extension.
            Alors,servir en abandonnant notre volonté propre devient impératif au point que seule compte notre abnégation,notre dévouement à Etre cette indicible béatitude de l’Etre rendu à sa juste et digne place de co-créateur conscient.
            Bien à toi et à chaque Un,sachant que nous ne pouvons manquer de revenir là où nous ne sommes partis qu’en rêve (cauchemar !).S’éveiller à l’unité c’est rompre radicalement avec la dualité…

          • alain thomas dit :

            Cet échange est très agréable.
            Katerina, je suis apaisé que tu aies capté une certaine vision du divin en nous, là, si proche, ce qui t’a fait dire que 3D ou 5D n’existent plus en nous.

            Béa tes propos sont clairs.
            Je voudrais juste remarquer que lorsque tu parles d’esprits tordus, tu fais un jugement qui n’est pas nécessaire parce que ceux qui sont en quête de pourquoi et de comment sont aussi sur la Voie.

            Bien à vous

          • Béa dit :

            Merci Katerina pour ton retour qui me laisse penser que tu as saisi ce qu’il m’est difficile de transmettre tant c’est,au-delà des mots,de l’ordre du vécu !
            Alain-Thomas,
            Quand je parle d’esprits tordus c’est plus un discernement qu’un jugement.Tout ce qui pousse aux doutes et aux questionnements ne peut que nous perdre dans la complexité et la confusion.C’est le propre des esprits rigidifiés (par les conditionnements du mental-égo) et qui ne peuvent s’assouplir que par l’exercice humble et régulier de l’ouverture à l’inconnu.
            La voie de l’égo est un labyrinthe,celle du Cœur une autoroute !
            Mais,d’accord avec toi pour dire que la quête est une étape essentielle sur le chemin de l’éveil… jusqu’à ce qu’elle apparaisse totalement dérisoire et vaine !
            Merci pour ton judicieux retour !

          • pierrot dit :

            Béa, tout dépend de l’importance que tu mets dans le doute.
            Si le fait de ne pas savoir te rend joyeux alors pas de souci.
            Si tu ne sais pas et que tu veux absolument savoir alors tu es en conflit avec le doute.

          • alain thomas dit :

            Béa ☼

            Si tu acceptes le principe du mystère (qui nous dépasse), la seule certitude est une foi profonde sans preuve.
            Cela ouvre la porte à tous les questionnements possibles, les doutes… à l’infini… si fertiles sur le chemin ; tout le paradoxe qui conduit à une Voie médiane, sans commencement ni fin, la Voie de la sagesse où tout est inclus et rien n’est exclu… ni honni.

          • Béa dit :

            Pierrot,
            Ce qui peut rendre joyeux c’est qu’en acceptant de ne pas savoir,la quête devient puérile et vaine et le doute s’évapore !
            « Heureux les fêlés car ils laissent entrer la lumière ! »
            Alain-Thomas,
            Il n’y a que l’égo pour vouloir des preuves,tenter de limiter l’infini ou mettre des mots sur l’indicible !…Etre n’est-ce pas cette vibration entre tout et rien,cette respiration cosmique aspirant la dualité et expirant l’unité,cette manifestation du Néant que nous incarnons dans l’éternel Présent,ce flux permanent entre relatif et absolu,cette double fonction d’une même Source(attraction-répulsion,peur-Amour) qui dépasse notre volonté propre et nous fait vivants ???…ou pas !!!

          • alain thomas dit :

            Béa l’échange devient stérile.
            Tu écris :
            « Il n’y a que l’égo pour vouloir des preuves »
            C’est exactement ce que je veux exprimer plus avant car la foi n’est pas l’expression de l’égo.
            Dans ces conditions, je te laisse l’espace…
            Bien à toi 🙂

          • Béa dit :

            Est-il stérile,Alain Thomas,d’être dans la communion des idées ?
            Quel est cet espace que tu dis me « laisser dans ces conditions » ???
            Bien à toi !

          • alain thomas dit :

            Non, je disais que la foi profonde ne réclame pas de preuve… simplement.
            Bien à toi

      • Louisetta dit :

        Je suis bien d’accord avec tout ça.

        • Fille de l'eau dit :

          Béa, : »La vérité est simple excepté pour les esprits tordus en quête de pourquoi,de comment,de quand. »
          Ces questionnements, poussés par l’Ego qui désire tout maîtriser et comprendre, avec l’aide sympatoche du mental, ne sommes-nous pas tous, à un moment donné passés par là ?
          Et, si nous sommes passés par là, katerina l’écrit : « Les erreurs , les doutes , m ont aidé à avancé . Tant qu il y a incertitude , il y a à éclairer en soi », n’était-ce pas, n’est-ce pas, pour que nous comprenions que ces, comment, pourquoi, quand et plus si affinité, sont Illusion ?
          Pour en arriver à, Béa : « : Le Cœur,lui,nous invite à lâcher-prise de tout vouloir,de tout savoir. »
          Que de silences devons nous faire avant de prendre Conscience de ces turpitudes de l’Ego/mental.
          Et nous posons encore certaines fois des pourquoi, comment et quand ?
          Tomber s’est prendre Conscience que le travail est dur.

          • pierrot dit :

            C’est aussi l’étape par laquelle tous les enfants passent pour apprendre à marcher

          • Béa dit :

            Oui,fille de l’eau,nous passons tous par les questionnements !
            Comme je l’ai dit,cela fait parti du processus d’éveil,jusqu’à ce que nous réalisions que la fonction première du mental-égo est de nous égarer par la quête incessante (rendue par lui inatteignable) d’une complétude .Pour sa seule survie,il nous vole à la perfection du Présent dont nous sommes manifestations fractales(microcosme d’un macrocosme autant que macrocosme d’un microcosme).
            La simplicité est toujours compliquée pour nos égos qui confondent complexité et intelligence et nous laissent sans cesse frustrés,confus et imparfaits,errant,telles des âmes en peine, entre hier qui n’est plus et demain qui n’est pas.
            La quête n’est finalement utile que pour découvrir,en conscience, qu’elle est vaine !
            C’est ce voyage sans distance (de l’égo au Cœur,de la peur à l’Amour,de la dualité à l’unité,du relatif à l’absolu,de l’illusion à la vérité…),inscrit dans notre incarnation, qui,dans l’éternel cadeau du Présent, nous donne les clés de notre libération .
            Défaire les rouages de l’égo c’est mettre en évidence sa fonction première qui est de nous garder séparés et craintifs.Alors seulement nous cessons de donner crédit aux sombres peurs qu’il nous insuffle et retrouvons naturellement le lumineux,paisible et léger chemin de retour à la Source ,à l’Amour inconditionnel,à La Vérité : nous sommes(déjà!),ICI ET MAINTENANT ,cette Divine Création que nous cherchions !

          • Katerina dit :

            Fille de l eau ,

            Pour moi ta dernière phrase résume : le travail est dur .
            Quand, ou ,comment , le mystère reste entier et c est notre place qui est de toutes les façons la bonne au moment où on vit l instant . Oui là je m avance un peu peut etre , ou je crois savoir des choses que je ne sais pas . En tous les cas , meme si le travail est difficile , je suis au moins certaine aujourd hui qu il est nécessaire et qu il apporte sinon de la joie au moins une certaine paix .
            Affectueusement
            katerina

      • Katerina dit :

        Marie Christine ,

        Ce qui est compliqué c est effectivement tout ce qui a précédé .
        Il faut certainement épousseter , et découvrir la simplicité .
        Chacun à son rythme et suivant ses expériences .
        Enfin c est ce que je crois .
        Affectueusement
        Katerina

      • alain thomas dit :

        marie si je puis me permettre, la libération, c’est comme l’éveil, ce n’est que la Voie.
        Si nous cherchons une finalité, un but, un objectif, un bout, un estrême, nous nous illusionnons car en fait tout est là… déjà.
        Tu vois marie, je ne sais pas ce que signifie 3D ou 5D.
        A mon sens, à mon sens seulement, c’est encore une illusion, une étape, un objectif, un palier.
        Quand je dis « tout est là », pourquoi irais-je chercher ailleurs d’autre fruit.
        En clair, cela signifie pour moi, uniquement pour moi que, ce soit en 3D ou en 5D, l’individu qui possède encore un peu de densité est sur la Voie et la Voie n’a ni commencement ni fin… c’est la Voie.
        Tu te rappelles l’ange :
        CELUI QUI EST SANS POIDS EST SANS VOIE.
        Cela devrait nous suffire pour tout lâcher, cesser de lutter, de chercher, de comprendre ou d’expliquer.
        Si nous sommes au milieu du chemin sans but, nous sommes sur la Voie, c’est la Voie.
        Si nous voulons nous alléger du fardeau qui nous est donné, lâchons tout… les peurs, les impatiences, les humeurs, les réactions, les efforts…
        Lâchons les efforts et le travail sur soi !
        Si le travail sur soi n’est que l’observation, observons, sereinement et accueillons tout… tout… avec douceur et confiance, sans jugement sur soi-même.
        Plus nous dévoilons, plus nous découvrons (en nous), plus nous lâchons et plus nous allons au coeur.
        Le Coeur, quand nous le touchons, quand nous y sommes, nous sommes naturellement dans l’éthique parce qu’il n’y a rien d’autre… c’est l’amour… la bonté fondamentale.
        Toutes les notions manichéennes sont dissoutes dans le coeur ; plus de jugements, plus de peurs, plus rien d’autre que l’amour, l’humour et la joie… sans oublier l’émerveillement du petit enfant que nous sommes redevenus, celui que nous attendions.
        Bien à toi chère marie ♥ ☼ ♥

        • katerina dit :

          Alain Thomas ,

          Tu exprimes vraiment ce que je ressens avec justesse .
          Merci chaleureusement .
          Katerina .

        • pierrot dit :

          la joie sans cause!
          Pas besoin d’objectif pour vibrer.
          Je suis content de partager ce point de vue avec toi Alain 🙂

        • Fille de l'eau dit :

          Il ne peut y avoir de mode d’emploi, et je suis en accord avec tes mots : » je ne sais pas ce que signifie 3D ou 5DA mon sens, à mon sens seulement, c’est encore une illusion, une étape, un objectif, un palier. »

          Chacun son rythme et en plus, comment pourrions nous penser, croire que nus en sommes à tel palier ? que nus « vibrons  » en _45 D, ou en 5 D. Ceux qui y sont dans certains moments ne le clament, cela ne peut que se Vivre.

          Alain Thomas : « si nous cherchons une finalité, un but, un objectif, un bout, un extrême, nous nous illusionnons ». Oui, parce que c’est le mental qui prend le dessus, nous voulons, ce mot devient une sorte de domination de notre Ego/mental qui veut à tout prix faire, vouloir…
          Faire silence est la clef, ou une clef, d’envoyer balader le mental dominant afin de laisser place au Cœur.

          Nus nourrissons souvent « nos bruits de fonds », une sorte de présence qui nus fait croire que nous dialoguons avec nous -même. Mais, n’avez vous pas remarquer que ce bruit de fond de notre mental est courant dans la vie , bruits qui meublent, combien dans leur vie de chaque jour ont besoin de « bruits » de toutes sortes, pour éviter de Se rencontrer dans le silence.

          Nous battons à l’Uni-ssons, plus souvent que nous le pensons, c’est cela aussi la magie qui s’opère, ne serait-ce que par ces échanges, qui apportent à tous une petite étincelle de Lumière que nous ne percevrions pas forcément, sans cela.
          Comme tu l’écris Alain Thomas : »Plus nous dévoilons, plus nous découvrons (en nous), plus nous lâchons et plus nous allons au coeur. » ♥

      • pierrot dit :

        Bas les masques, et c’est lorsqu’on a plus peur du jugement de l’autre ce qui implique bien entendu et surtout son propre jugement que l’on peut se comporter en guerrier.
        Savoir trancher est une attitude qu’on a oublié au profit de plaire aux égrégores de toute sorte, le fameux conformisme qu’il soit spirituel on non.

        • marie christine dit :

          Je suis bien d’accord avec vous tous et toutes .
          Que cet état d’innocence et de joie dont tu parles soit là en permanence, Alain . Je le souhaite pour tout le monde .
          Une pensée amicale à toi, Béa .

        • pierrot dit :

          Le père, l’enfant et l’âne

          Un enfant curieux demande à son père :

          « Dis papa, quel est le secret pour être heureux ?

          Alors le père demande à son fils de le suivre ; Ils sortent de la
          maison, le père sur leur vieil âne et le fils suivant à pied.

          Et les gens du village de dire:
          « Mais quel mauvais père qui oblige ainsi son fils d’aller à pied ! »
          « Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison » dit le père.

          Le lendemain ils sortent de nouveau, le père ayant installé son fils
          sur l’âne et lui marchant à côté.
          Les gens du village dirent alors :

           » Quel fils indigne, qui ne respecte pas son vieux père et le laisse aller à pied ! »
          « Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison. »

          Le jour suivant, ils s’installent tous les deux sur l’âne avant de quitter la maison.
          Les villageois commentèrent en disant :
          « Ils ne respectent pas leur bête à la surcharger ainsi ! »
          « Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison. »

          Le jour suivant, ils partirent en portant eux-mêmes leurs affaires, l’âne trottinant derrière eux.
          Cette fois les gens du village y trouvèrent encore à redire :

          « Voilà qu’ils portent eux-mêmes leurs bagages maintenant ! C’est le
          monde à l’envers ! »
          « Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison. »

          Arrivés à la maison, le père dit à son fils :

          « Tu me demandais l’autre jour le secret du bonheur.
          Peu importe ce que tu fais, il y aura toujours quelqu’un pour y trouver à redire. Fais ce qui te plaît. Alors tu seras heureux. »

          Nasr Eddin Hodja

          • alain thomas dit :

            Un sage prit la parole et dit :
            « Une jeune fille, effrayée par la violence du courant n’ose pas traverser la rivière à gué.
            Un vieux moine lui propose de la porter sur l’autre rive, sous les yeux réprobateurs d’un jeune moine.
            La jeune fille accepte.
            A la fin de la journée, lorsqu’ils arrivent en vue du monastère, le jeune moine dit à l’ancien :
            – Ce que tu as fait est honteux et interdit par notre règle !
            – Qu’est-ce qui est honteux ? Qu’est-ce qui est interdit ?
            – Comment ? Tu as oublié que tu as porté une belle jeune femme ?
            – Ah oui…, se souvient le vieux moine en riant. Mais il y a plusieurs heures que je l’ai laissée sur l’autre rive, tandis que toi, tu la portes toujours sur ton dos ! »

  14. damiens pascale dit :

    petite information :
    un documentaire sur pierre rabhi sort en salle.
    pierre rabhi est un philosophe, agriculteur, un amoureux de la terre et de la vie .
    bisous à chacun .

    • Le Passeur dit :

      Ce commentaire aurait davantage eu sa place dans la rubrique « permaculture ». Merci à l’avenir de ne pas jeter ses infos là où l’on tombe et de faire un minimum d’effort pour respecter l’ergonomie du site. Ce pour une question de clarté et d’efficacité pour les lecteurs.

  15. Taoufiq dit :

    J’ai écouté ce texte comme une partition faite de silences … et de vie
    En harmonie avec son sens, une image, plutôt un ressenti a refait surface, celui des battements de cœur.

    Depuis longtemps déjà, je rêvais que le cœur de l’Humanité battrait à l’unisson et de ce battement synchrone, se dévoilerait à nous, le Paradis, sur terre.

    Ce rêve, résonne un peu, à sa manière, avec les paroles d’Alain Degoumois :
    « Et voici que soudainement la vie semble se dilater et se contracter à l’infini, comme éprise d’un battement cardiaque qui entre en résonance et s’aligne sur d’autres réalités… »

    Permettez moi de souhaiter un bon voyage, à tous les passagers, du majestueux Navire Gaïa, au sein de l’Univers

  16. Thau dit :

    Ce texte, pour moi, est comme l’apaisant bruit de la mer que génèrent les coquilles vides de certains mollusques déposées par les marées…

  17. marie christine dit :

    Très beau texte d’Alain .
    Très vrai en ce qui concerne le mental raisonnant .
    Faire le silence et se retrouver avec soi .
    Et là, on découvre que le corps lui-même a un mental, que chaque cellule a un mental où toutes les mémoires millénaires sont inscrites . Mémoires personnelles, mémoire de la terre … Tout est là contenu dans le corps .

  18. Chantal dit :

    Mario Mercier dit que le monde physique n’est que l’expiration du souffle du divin, qu’il n’est que la partie déjà morte de sa partie vivante qui est l’inspiration. Ma partie mortelle n’est faîte que de l’expiration de ce souffle divin. Je me rêve, je me crée, je me pense, je me dissous et me recrée et toujours ce rythme à quatre temps auquel je suis soumis: inspiration,temps d’arrêt, expiration, temps d’arrêt. Pour tous ceux et celles amoureux éternels de la vraie vie qui se vit, qui se ressent, et un petit clin d’oeil pour Pierrot qui s’épanouît dans la nature notre élément naturel, un auteur et un livre que j’ai lu en 85 mais qui est toujours d’actualité et dont j’en ai retiré l’ extrait, Les rîtes du ciel et de la terre, la quête spirituelle de l’Homme aux éditions Dangles, c’est une expérience vécue , une relation d’amour entre l’Homme et l’Univers, entre l’Homme et Dieu, sensorielle et cosmique dans son évolution qui ouvre le sens de la beauté dont le goût du merveilleux se réveille en renouant avec nos racines profondes et réelles avec la nature. Une communion ou communication directe avec les esprits de la nature.

    • Cécile dit :

      Merci à toi Chantal de nous rappeler les merveilleux écrits de Mario Mercier. C’est dans ses livres que j’ai le mieux saisi ce que pouvait être une relation au monde directe, intuitive, inspirée.
      Ce que « fait » Mario Mercier lui permet surtout d’ « être » : marcher au bord de la mer, gravir une montagne ou remonter une rivière, chanter, danser ou écouter, il s’agit toujours de tisser une relation lumineuse avec tout ce qui l’entoure, visible et invisible confondus, et d’apprendre à entendre les mille voix subtiles révélées par le silence.
      Sans technique, sans méthode, sans discours, il sait faire passer une approche de la vie qui transforme et guérit en profondeur. Ses livres ont été une révélation pour moi.
      Je me permets de signaler en particulier les deux volumes du « Journal d’un chaman » : « L’Ours des Montagnes Bleues » et « Les Voix de la Mer » (éditions Almora), ainsi que « L’Enseignement de l’Arbre-Maître » (éditions Le Relié).

  19. gilleberte kassi sossou dit :

    bonjour Alain
    depuis la cote d’ivoire, je vous envois un grand bonjour tout en vous disant merci pour ce message. merci encors

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